Avant le départ

Un stage de survie, sur le Larzac

FRANCE – Durant deux jours, début décembre, nous avons participé à un stage sur les techniques de bases de la survie sur le Larzac. Instructif. Et amusant. 

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C’était début décembre. Quatre mois avant notre départ pour un tour du monde. Au menu : deux jours – et surtout une nuit – sur un plateau du Larzac changé en congélo géant. Brrrrrr. En plein hiver, avec un mercure rarement au-dessus du zéro, notre apprentissage aux bases de la de survie a forcément pris tout son sens. Et davantage de piquant.

Alors quoi ? Il faudrait donc réaliser un stage de survie pour préparer un voyage autour du monde ? Pas du tout. Même, on espère plutôt qu’aucune des techniques apprises à cette occasion ne nous servent réellement dans les semaines qui viennent. Mais on ne sait jamais. Et puis surtout, le concept nous amusait beaucoup, alors pourquoi s’en priver ?

Basée à Millau, l’association Esprit nature et survie (ENS) organise des séjours en pleine nature environ une fois par mois, en Aveyron ou en Lozère. Pour notre part, donc, inscription au stage « bases de la survie ». Le premier niveau, en quelque sorte. Le scénario ? « Le stagiaire est un randonneur classique avec son matériel pour deux jours, nous détaille Stéphane Orcel, le sympathique fondateur d’ENS. Dans son sac, il y a de quoi boire, manger et bivouaquer. » Comme demandé, on est parti chacun avec un couteau, une gamelle, une lampe frontale, un duvet et quelques vivres (soupes chinoises pour se réchauffer, chocolat pour se réconforter). Pour l’abri, pas d’inquiétude, l’organisation le fournit.

Premier atelier, une fois les voitures abandonnées à la lisière d’une forêt : l’orientation. Où l’on apprend à lire une carte, à bien utiliser une boussole, à tracer des azimuts et à mettre le tout en pratique pour rallier le lieu de bivouac, où deux des quatre formateurs déjà sur place – ben oui, c’est plus facile en 4×4 – achèvent de monter la tente.

Trois autres participants sont aussi de l’aventure. Et puis il y a le froid, toujours lui. Pénible. Mais qui offre des conditions propices au sérieux : la leçon sur l’hypothermie et les moyens de la combattre est écoutée d’une oreille certes un poil gelée, mais du coup bien attentive.

Ateliers pratiques et exploration du Larzac

Les ateliers s’enchaînent. Bien utiliser un couteau. Sans se blesser, c’est mieux. Savoir réaliser les nœuds de base, monter un abri. Et puis trouver du bois pour alimenter un feu, avant de le couper, d’en faire des bûches, de les écorcer pour ôter l’extérieur, rendu humide par des jours de pluies. L’exercice dure près de deux heures. Il a le mérite de réchauffer le stagiaire, qui comprend vite l’importance de constituer une réserve suffisante pour faire vivre le foyer toute la nuit. Ah oui, parce que les organisateurs, bénis soient-ils, ont pris soin d’apporter un mignon petit poêle de fabrication maison. Histoire, pendant l’apéritif, de bien faire mijoter le gigot de sanglier (faut pas non plus de laisser abattre). Plus tard sous la tente, chacun des stagiaires assumera son tour de garde pour alimenter les flammes durant toute la nuit. Avec juste de multiples couches de vêtements et deux duvets, finalement, ça passe.

« Le but n’est pas de placer les participants dans des situations extrêmes, continue Stéphane Orcel, qui lui, a dormi dehors (mais il a un duvet de compétition aussi, hein). S’ils passent toute la nuit dehors à grelotter, ils ne retiendront rien des ateliers du lendemain… » Des ateliers sur le feu (techniques d’allumage, montage d’un foyer qui ne s’éteindra pas), sur l’eau (comment la trouver, comment la filtrer) ou encore les secours (les prévenir, les premiers soins).

Avant de rejoindre les voitures – à la boussole, évidemment – le groupe est invité à une petite balade dans les canalettes du Larzac, failles géologiques aussi profondes que mystérieuses, sur le territoire de la commune de l’Hospitalet. 

Et les cascades ou les repas improbables à la Bear Grylls alors ? Oubliez les ! Ce qu’on a retenu, c’est que le meilleur survivant, c’est d’abord celui qui sait ne pas se mettre en danger. Il prend le temps de réfléchir. Il est prudent. Même, il s’économise. Les voilà, les principes qui peuvent vous sauver la vie. Bon, c’est vrai que ça marche mieux avec un poêle à bois et un gigot de sanglier.

                                       

 

EN PRATIQUE
L’équipe d’ENS est vraiment très sympa : comptez-sur elle pour l’ambiance en soirée.
Notre conseil : pensez à bien emporter des vêtements – et un duvet – en adéquation avec la saison.
N’hésitez pas à vous charger un peu, c’est le 4×4 de l’organisation qui porte… 
Contacts : 
www.esprit-nature-survie.frLe stage “bases de la survie” coûte 180 € pour une personne. Tarifs dégressifs à partir de deux personnes. 

 

5 replies »

  1. C’est toujours sympa ces retours d’expérience !
    Pour ma part j’avais effectué un stage hivernal dans le Jura, et on avait rien à manger (on avait posé des collets mais rien attrapé, et ramassé quelques lichen et épines de pins pour apporter des nutriments à la neige). Pas besoin de chercher l’eau, mais le bois était important.
    C’est sympa en tout cas, j’aimerais bien en refaire un mais plutot en été ou automne, histoire d’apprendre un peu les neouds et construire un abri.

    • Le nôtre était moins « extrême » que ça, on était loin de mourir de faim… C’est vrai qu’avec des soirées plus longues et des températures douces, ce genre d’expérience doit être bien différente. Mais on ne regrette pas !

  2. euh… en fait, dormir dans un sac de couchage avec des vêtements est une mauvaise idée, même par grand froid.
    il vaut mieux être nu en fait, pour réchauffer l’air qui est dans le sac car si on est habillé, l’air du sac de couchage se réchauffe beaucoup plus difficilement…

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