Asie

Petites arnaques à Siem Reap

CAMBODGE – Il fallait bien que ça arrive. Pour la première fois du voyage, on a eu l’impression de se faire avoir ouvertement. À deux reprises.

Cambodge, Siem Reap, Angkor

“Mais qui a jamais dit que c’était juste ? La vie ? Qu’elle est bien connue pour être juste ?
C’est une arnaque, voilà ce que c’est : elle triche et elle ment”
Joseph Conolly

“Donnez, donnez, dodo-onnez, donnez, donnez moi, 
Donnez, donnez, dodo-onnez, Dieu vous le rendra…”
Enrico Macias

Un petit nuage dans ce grand ciel bleu…
Tout a commencé par une agréable après-midi de juillet. Le bus de Phnom Penh nous dépose au terminus : Siem Reap, la ville située aux portes des temples d’Angkor. Deuxième et dernière étape cambodgienne. Accompagnés de nos compagnons de voyage, Aude et Pablo, on négocie un tuk-tuk pour rejoindre l‘hôtel réservé la veille. Et quel hôtel ! Le genre d’endroit qu’aucun backpacker ne peut se refuser. Chambre avec vue sur jardin, salle de bains privative, piscine, vélos gratuits, petit-déjeuners inclus… le tout pour 15 euros la nuit à deux ! Une aubaine dénichée sur Booking.com. Alors forcément, il nous tarde de nous installer dans notre nouvelle “maison”, surtout qu’on prévoit d’y rester quelques nuits.

Surbooking volontaire

Le chauffeur de tuk-tuk trouve l’hôtel, qui à première vue semble à la hauteur de nos attentes. Numéro et nom de réservation sont donnés à l’accueil. On nous fait patienter dans le hall, jus d’orange et serviette rafraichissante. Parfait.

Mais quelque chose cloche. On le sent. Les employés rient sous cape. Ils semblent hésiter à venir nous voir. Dix minutes plus tard, l’un d’entre eux se dévoue, le sourire en coin, et avance timidement pour nous annoncer que “Oui, ils ont bien trouvé notre réservation Booking.com” mais que “malheureusement, ils n’ont pas de chambre pour nous”. Pardon ? Il tente de s’expliquer : le site Booking continuerait à proposer des chambres alors même qu’ils sont complets… Déception.

Et colère. Nous exigeons de la part du personnel de l’hôtel, responsable quoi qu’il puisse en dire, qu’il nous aide a minima à trouver un autre établissement. Les employés nous répondent qu’ils sont dans l’incapacité de nous proposer une adresse correspondant à notre budget ! Et nous apprennent également que nous ne sommes pas les premiers de la journée à subir ce surbooking… Plusieurs avant nous, et bien d’autres après, ont poliment été éconduits…

Cette pratique du surbooking serait fréquente dans certains établissements de Siem Reap. La petite combine leur assure une rentabilité maximale. En période creuse, ils font le plein grâce aux promotions faites par les sites de réservation en ligne. Et quand la clientèle vient directement à eux, sans intermédiaire, les hôtels facturent trois à quatre fois le prix internet (l’hôtel en question réclame autour de 50 euros la nuit). Et n’hésitent pas à céder des chambres réservées à ces clients bien plus “rentables”.

Après avoir trouvé asile dans un hôtel voisin, tout juste repris par de nouveaux propriétaires (le personnel du premier établissement n’a pas bougé le petit doigt pour nous aider), nous avons négocié les petits déjeuners des trois nuits réservés. Les employés ont été ravis de s’en tirer à si bon compte. Nous nous faisons donc un devoir aujourd’hui de DÉCONSEILLER cet établissement au plus grand nombre : Chez Moi suite and spa

Du lait pour mon mac

Cambodge, Siem ReapQuatre jours déjà que nous sommes à Siem Reap et la mésaventure du surbooking est derrière nous. Il vaut mieux en rigoler. Petite balade en ville avant de quitter demain le Cambodge. En guise de dessert, on s’offre un fruit shake chez un marché ambulant, aux alentours de Pub street. Rafraîchissement incontournable dans toute l’Asie du sud-est. Et on attend que la vendeuse nous prépare tout ça… C’est ce moment précis que choisit une jeune fille pieds nus, un enfant dans les bras pour venir tendre la main. Comme à chaque fois depuis le début du voyage, nous refusons de lui donner de l’argent. Avec de grands yeux suppliants, elle nous explique que non non, elle ne veut absolument pas d’argent, juste du lait, pour le petit garçon au biberon vide…

On sait ce qu’il en est : on ne donne jamais aux mendiants qui nous sollicitent ; derrière eux se cache souvent une mafia dont ils sont les premières victimes. Encore moins lorsqu’il s’agit d’enfants, qu’il ne faut pas encourager à quêter dans la rue alors qu’ils seraient mieux à l’école (elle est gratuite et théoriquement obligatoire au Cambodge). Mais ce jour-là, va savoir pourquoi, on se dit : “Pourquoi ne pas l’aider ? Où est le mal ? Ça semble honnête…”. La jeune Cambodgienne pointe un petit supermarché de l’autre côté de la rue et nous propose de l’accompagner acheter du lait. On cède. Tout juste entrés dans la boutique, elle montre du doigt les grandes boites de lait en poudre pour bébé. Prix affiché : 25 dollars. Hors de question. Elle comprend notre réticence et nous explique qu’on peut lui donner ce que l’on veut en liquide et que petit à petit elle arrivera à récolter la somme. C’est donc ça ? C’est une embrouille. On essaye de trouver un compromis. Une brique de lait à deux dollars. Elle accepte. On passe à la caisse. Pas un merci, pas un sourire. Elle prend le lait, visiblement déçu de son “opération”. Un lait qu’elle ira se faire racheter illico par le patron du supermarché, sans doute de mèche (ou à l’origine du mic-mac). On regrette de n’avoir pas ouvert le lait pour le donner au bambin (il ne doit pas souvent en voir la couleur) et qu’il ne puisse pas être revendu deux, trois ou on ne sait combien de fois.

On s’éloigne, en colère contre nous-mêmes. Pas pour deux dollars, bien sûr, mais pour s’être fait berner. Un peu plus loin dans la rue, une autre jeune fille avec un autre enfant, puis là un infirme, tournent autour d’autres touristes pour leur réclamer “pas d’argent“. Toute une équipe de pauvres gens, sans doute coincés par un mac local. Attristant.

D’AUTRES ARNAQUES PRÈS D’ANGKOR
De nombreux voyageurs reportent leurs mésaventures sur la toile. Et la liste des escroqueries possibles est longue…
corruption des policiers : on vous a volé un sac, vous venez reporter votre agression à la police, ne serait-ce que pour obtenir les documents nécessaires à votre assurance… Payez un pot de vin ou oubliez votre précieux papier.
poker perdant : celle-ci n’est pas spécifique à Siem Reap mais au Cambodge en général. Après une rencontre sympathique, vous vous retrouvez à une table de poker… fuyez, même après avoir gagné les premières parties, vous pouvez être sûr qu’il y aura une entourloupe quelque part. Vous repartirez les poches vides.
tour de tuk-tuk : vous payez un véhicule, par exemple pour visiter les villages flottants autour de Tonlé Sap, un lac près de Siem Reap. A la fin, votre virée aura duré la moitié du temps prévu et vous n’aurez vu qu’une série de boutiques et rien de vraiment 
authentique. 


Et vous, vous avez déjoué ou avez été victimes d’autres arnaques en voyage, au Cambodge ou ailleurs ? N’hésitez pas à les partager dans les commentaires.

6 replies »

  1. Coucou tous les deux!
    Nous avons eu un soucis similaire il y a quelques jours à Pingyao, nous avions réservé notre hôtel sur booking et en arrivant le propriétaire nous annonce qu’il est complet! Mais ce n’était pas une volonté de surbooking de sa part mais une erreur de la part de Booking qui n’avait pas remis à jour le site et avait accepté notre réservation alors que l’hôtel était complet. Le gros problème c’est que le lendemain c’était le début de la Golden Week (semaine de congés annuelle ) et tous les hôtels étaient complets!! On a bien cru dormir dehors^^. Heureusement le propriétaire de l’hôtel était adorable et a retourné ciel et terre pour nous trouver un logement! Au final, nous avons passé le séjour dans un hôtel trop cher pour nous, mais Booking s’est engagé à nous rembourser la différence!

  2. Comment vous réussissez à gérer ce dépaysement total? A la confrontation avec des pays où il y a une grande pauvreté? Vous ne vous êtes jamais sentis en insécurité jusqu’à présent?

    • Le dépaysement, sans doute qu’il ne faut pas toujours essayer de le gérer totalement, mais aussi parfois réussir à lâcher prise. On reste vigilant, mais non, on s’est jamais senti en insécurité durant ce voyage jusqu’à présent.

  3. Bonjour, merci pour l’article. Il faut dénoncer à booking.com l’hôtel qui fait du surbooking pour qu’il retire de leur catalogue et mettre plein d’avis négatifs sur l’hôtel comme ça même s’il est toujours dans la liste, d’autres voyageurs puissent être informés

    • Pas si simple parce que l’hôtel n’a pas annulé la réservation. Et si nous l’avions fait nous, nous aurions des frais. Seule possibilité : laisser un super mauvais commentaire dans les reviews, après coup, ce que nous avons fait. Des mails ont aussi été envoyés à Booking qui n’a jamais donné suite…

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