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Visiter Toulouse en 1 jour : les essentiels de la Ville Rose

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FRANCE – Visiter Toulouse à pied : les incontournables. Notre itinéraire de balade dans le centre historique : patrimoine, infos et anecdotes.

Toulouse, brique rouge

Visiter Toulouse en un jour ? Voici un itinéraire, à pied, pour ne rien manquer des incontournables.
Un jour à Toulouse, c’est trop court, évidemment, pour découvrir une ville avec un tel patrimoine. Mais si vous n’avez pas plus de temps, il faut se concentrer sur les incontournables. Allez, on vous propose donc un itinéraire des essentiels à découvrir à pied, depuis la place du Capitole.

Visiter Toulouse à pied

C’est une ville qu’on connaît assez bien. On a tous deux grandi assez près de Toulouse, Elodie y a fait ses études et Mathieu a souvent eu l’occasion d’y venir (plutôt en soirée, mais bon, ça, c’est pas le sujet).
Toulouse est une grande ville, oui, la 4e de France (après le trio Paris, Marseille et Lyon) : 470 000 habitants, presque 1,5 millions pour les 37 communes de l’agglo. Mais son centre-ville se découvre assez facilement à pied, et même s’il mériterait à notre goût d’être encore davantage piéton (comme le vieux Lyon ou encore Nîmes, par exemple), de vrais efforts ont été réalisés ces dernières années et il est assez agréable de s’y promener.

PASS TOURISME : LE BON PLAN POUR VISITER TOULOUSE
Comme beaucoup de grandes villes, Toulouse propose son Pass Tourisme. Un tarif avantageux pour :
– visiter : de nombreux musées et visite de la ville gratuits,
– se divertir : des réductions sur de nombreuses activités,
– se déplacer : les transports métro, bus et tram sont gratuits, y compris depuis l’aéroport.
Il existe plusieurs formules : un jour (24 h à compter de la validation du pass), 18 euros ; deux jours (48 h), 28 euros ; trois jours (72 h), 35 euros. La liste des réductions est disponible sur la brochure en ligne.
Notre avisSoyons honnêtes, on n’est pas toujours convaincus par ces “pass”, qui dans certaines villes ne regroupent que les attractions les moins fréquentées. Mais le Pass Tourisme toulousain est bien pensé, et réunit les véritables attractions de la ville. En plus, il peut être assez vite rentabilisé ; un ticket de métro coûte 1,70 euros, et un trajet aéroport-centre-ville 8 euros…
Vous pouvez vous procurer le pass en ligne ou directement auprès de l’office de tourisme de Toulouse, Donjon du Capitole, square Charles-de-Gaulle. Tél.0 892 18 01 80..

1 – LA PLACE DU CAPITOLE

Par où commencer ? Par là, forcément : la Place du Capitole, incontournable d’une visite à Toulouse. La Place du Cap’, pour les Toulousains. C’est le symbole de la ville. Toulouse n’a pas de mairie, Toulouse a un Capitole : depuis le XIIe siècle, ça ne date pas d’hier, la cité est régie par un pouvoir municipal qui s’exerce ici. Regardez la façade de pierres et de briques de cet Hôtel de Ville unique (qui, elle, date du XVIIIe, lors de la rénovation complète de la place) : elle comporte huit colonnes de marbre comme autant de capitouls qui régissaient la ville. Ils étaient vêtus en rouge et noir, ça vous dit quelque chose ? Tiens, d’ailleurs, c’est ici, au balcon du Capitole, que les joueurs du Stade toulousain viennent brandir le sacro-saint Bouclier de Brennus au peuple de Toulouse.

Et si vous pouvez, venez y faire un tour by night… bien éclairé, c’est quand même très joli !

Les belles salles historiques du bâtiment (qui abrite aussi, entre autres, un théâtre, où sont donnés les opéras à Toulouse) se visitent et c’est gratuit.
Du lundi au vendredi, de 8 h 30 à 19 h, les dimanches et jours fériés, de 10 h à 19 h. Fermé en cas de cérémonie, notamment de mariage : ce n’est pas rare…

Toulouse, place du Capitole, de nuit

Si besoin, l’office de tourisme de Toulouse se trouve juste derrière le Capitole dans l’ancienne Tour des archives, que les habitants appellent le Donjon.

Le fantôme de Saint-Exupéry

Depuis le centre de la place, orné d’une grande croix occitane de 18 mètres au sol (ses pointes sont décorées des symboles des signes du zodiaque, drôle d’idée), jetez un œil vers l’angle nord ouest, et l’Hôtel Le Grand Balcon. Il est classé Monument historique. C’est là que dormaient les pilotes de l’Aéropostale, Saint-Exupéry (chambre 32, le balcon donne sur la place) ou Mermoz (chambre 20) notamment, avant de s’envoler de l’historique piste de Montaudran, qu’ils rejoignaient directement en tram depuis l’arrêt Capitole. La tenancière était chargée de les “surveiller” : la légende dit que lorsqu’ils rentraient en galante compagnie, ils portaient leur conquête sur leur épaules pour qu’un seul pas ne s’entende dans les escaliers…

Toulouse, Arcades du Capitole

Avant de quitter la place, avancez vous sous les arcades face au Capitole. Des fresques au plafond, 29 au total, y retracent toute l’Histoire de Toulouse et de la région, de la Préhistoire à nos jours. Une “Galerue” signée Raymond Moretti, comme la croix occitane au centre de la place. Des panneaux explicatifs sont installés au pied des colonnes. Passionnant et distrayant (et idéal, s’il pleut : c’est à labri).

TOULOUSE : CAPITALE DE L’AÉRONAUTIQUE 
Toulouse, Halle de la Machine, tête du MinotaureIl paraît qu’à Toulouse, un salarié sur 10 travaille directement, ou indirectement, pour l’industrie aéronautique ou spatiale. Pourquoi ici ? Eloignée du front, la ville est choisie pour accueillir les usines de fabrication des avions durant la Première Guerre Mondiale. Puis après-guerre, le fameux Latécoère y crée l’Aéropostale, invente l’aviation civile et continue de fabriquer des avions. Suivront la construction de la Caravalle, le premier vol du Concorde, Airbus, la Cité de l’Espace, etc.
Aujourd’hui, le site historique de Montaudran (bon, vous ne pourrez pas le rejoindre en tramway, il n’existe plus) abrite l’Envol des pionniers, nouveau musée qui retrace cette histoire. Mais aussi la Halle des Machines et des drôles d’engin, notamment un Minotaure géant.
Lire aussi notre article : visiter la Halle de la Machine, c’est comment ?

2 – LA RUE DU TAUR

Depuis l’angle nord-ouest de la place du Capitole, devant le Grand Balcon justement, empruntez maintenant la rue du Taur. Taur, comme taureau : un animal lié étroitement à l’Histoire de Toulouse. C’est en étant attaché à un taureau que Saturnin, le premier évêque de Toulouse envoyé en mission pour évangéliser la Gaule, a été tué en martyr, dans cette rue, en 250. Pauvre Saturnin, connu sous le nom de… Saint-Sernin. On va y revenir dans quelques pas. 

La rue du Taur, c’est l‘une des rues les plus touristiques de Toulouse, forcément, puisqu’elle relie le Capitole à la basilique Saint-Sernin. Vous y trouverez donc plusieurs boutiques qui vendent des produits à base de violette, la fleur symbole de la ville. Attention : ni bonbon, biscuit ou savon, la vraie spécialité toulousaine à la violette, l’historique, ce sont les pétales cristallisés. Miam. Vous pourrez notamment en trouver dans la boutique La Compagnie du Chocolat, au numéro 9.

La rue du Taur, dans un quartier dynamique et étudiant, héberge aussi une cinémathèque très active (au numéro 69), qui diffuse des classiques en plein air tout l’été. Une super idée, non ? Ah, au passage, remarquez que les noms des rues à Toulouse sont écrits en français et en occitan (comme les annonces vocales des stations dans le métro). Macarèl !

3 – LA “BIBLIOTHÈQUE DU PÉRIGORD”

Allez, on vous propose un mini détour qui vaut le coup d’œil. Depuis la rue du Taur, avancez-vous dans la petite rue du Périgord jusqu’à la bibliothèque d’Etude et du Patrimoine (que les Toulousains appellent aussi bibliothèque du Périgord, c’est plus pratique). N’hésitez pas à entrer dans ce bâtiment art-déco, l’intérieur, avec les verrières, la coupole, est vraiment superbe. Ça donnerait presque envie de reprendre ces études, pour bosser dans un endroit pareil. Presque.

Et au fait, si vous aimez le style art déco (présent en de rares endroits à Toulouse), ne ratez pas la façade de l’ancien siège commercial de la Dépêche du Midi (aujourd’hui Orange) au 42 bis de la commerçante rue Alsace-Lorraine. De la mosaïque, de la couleur : elle brise la symétrie haussmanienne de toutes celles qui l’entourent. Bref, retournons à notre itinéraire.

4 – LA BASILIQUE SAINT-SERNIN

Elle a été bâtie là-même où le martyr a été inhumé, à quelques mètres à peine de l’endroit où le taureau a laissé sa dépouille, quand la corde s’est cassée. La basilique Saint-Sernin, c’est l’un des joyaux de Toulouse. Une fleur de corail que le soleil arrose”, chantait Nougaro, la plus grande église romane d’Europe, debout depuis plus de 1000 ans. Une prouesse architecturale, avec sa nef de 21 m de haut, qui accueille les pélerins depuis des siècles. Elle est d’ailleurs classée au patrimoine mondial de l’Unesco au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France.

Un insolite. Dans le transept sud, dans le secteur dédié à la prière, une paire de pieds dépassent d’un pilier. Il paraît que ce sont ceux de Saint-Christophe, le protecteur des voyageurs. Forcément, nous, on ne pouvait manquer l’occasion de lui caresser les panards, pour se porter bonheur.

Un autre insolite. L’une des chapelles de Saint-Sernin, celle du Saint Esprit, est dédiée à Saint-Thomas d’Aquin. Au sol, ses initiales entrelacées en mosaïque : ST. Les passionnés d’ovalie y reconnaîtront aisément le logo du Stade toulousain

Juste en face de Saint-Sernin, le musée Saint-Raymond, consacré à la période antique de la ville de Toulouse.

5 – ARNAUD BERNARD, LE QUARTIER STREET ART

De l’autre côté de Saint-Sernin, promenez-vous dans le populaire quartier Arnaud-Bernard, qui n’a pas forcément toujours eu bonne réputation mais qui est aujourd’hui en mutation. Ce quartier historique de Toulouse est celui du street art : déferlement de fresques sur les murs. Faites un détour par la place Arnaud-Bernard, coeur du quartier, pour contempler une fresque signature de la Truskool de plus de 30 m de haut. Et surtout par l’incontournable rue Gramat, entièrement recouverte d’œuvres en tout genre. C’est visuel, les instagrammeurs adorent.

Si ça vous branche : parmi ses nombreuses visites thématiques, l’office de tourisme de la ville en propose une spécialement dédiée au street art.

Toulouse, street-art

6 – LE COUVENT DES JACOBINS

Allez, on quitte la rue Gramat, on remonte la rue des Chaînes, et on récupère la rue des Lois jusqu’au Capitole. Tournez à droite rue Romiguières. Puis à gauche rue Lakanal : le couvent des Jacobins, l’autre trésor religieux de Toulouse, est juste là.

Ne vous y fiez pas : le bâtiment de briques est aussi austère de l’extérieur qu’il est lumineux de l’intérieur, avec de splendides vitraux. Allez-y, entrez ! Son église, héritage unique de ce qu’on nomme l’architecture gothique méridionale, est surprenante, avec sa seule rangée de colonnes, au centre de la nef. Le dernier pilier, 28 m de haut, c’est le palmier des Jacobins, un “arbre” de pierre à 22 nervures qui soutient tout l’édifice. Spectaculaire. On voit aussi encore les couleurs d’origine sur certains murs.

Sous Napoléon, l’église a été utilisée comme une caserne militaire, avec construction d’un étage.

Toulouse, les Jacobins

7 – LA PLACE SAINT-PIERRE

Place maintenant à un autre temple de Toulouse, mais du genre païen celui-là… Retournez sur vos pas rue Romiguières, puis Pargaminière dans le prolongement et descendez vers la Garonne. Avant de quitter la rue, n’oubliez pas de vous retourner pour admirer une fresque géante, le portrait de l’enfant du “païs” : Claude Nougaro.

Vous voilà maintenant sur la fameuse place Saint-Pierre, entourée de bistrots. Le haut lieu des soirées étudiantes toulousaine. C’est ici, dans le bar Chez Tonton, qu’a été créé le pastis au mètre. Une lumineuse invention, bizarrement snobée par le jury du Nobel. 

8 LES QUAIS DE LA DAURADE

Continuez le long de la Garonne sur les quais de la Daurade, sur la place du même nom. Vous être prêts ? Clic-clac : c’est le moment de la photo emblématique de Toulouse. Sur votre droite, le joli pont Saint-Pierre et au bout, sur l’autre berge, le Dôme de la Grave (avec une Grande Roue, en été). Juste en face, l’Hôtel-Dieu. À gauche, le pont Neuf (qui, comme son nom ne l’indique pas, est le plus ancien de la ville). 

En contrebas, juste au bord du fleuve, la place de la Daurade et des parterres de pelouse accueillent les pauses farniente la journée (il y a même une petite buvette-glacier), les épisodes plus festifs la nuit venue. Hé les gars, au fait, c’est l’ancienne morgue : au Moyen-Âge, les corps des noyés étaient entreposés ici en attendant d’être identifiés…

Toulouse, pont Saint-Pierre

9 L’HÔTEL D’ASSÉZAT

Dans l’axe du pont Neuf (de l’autre côté, c’est la Prairie des Filtres, un autre spot pour se poser au calme), revenez vers le centre-ville par la large rue de Metz. Pénétrez dans la cour intérieur de l’Hôtel d’Assézat. Cet ancien hôtel particulier, le plus beau de Toulouse, accueille aujourd’hui le musée de la Fondation Bemberg ou encore l’Union des académies et des sociétés savantes de la ville.

Pierre d’Assézat a fait fortune, et une fortune immense, au XVIe siècle grâce au commerce du pastel, “l’or bleu de Toulouse” : la région en exportait dans toute l’Europe (avant l’arrivée des teintures chimiques bleues, qui ont mis fin à ce commerce). Tous les riches pastelliers se faisaient bâtir des piaules magnifiques à l’époque : D’Assézat a choisi de construire un hôtel-palais plus impressionnant que tous les autres (ils constituent encore aujourd’hui une part importante du patrimoine toulousain). 

Levez les yeux : depuis la cour, on voit LE parfait exemple de la tour d’orgueil (parfois nommées ici tours capitulaires), le signe extérieur de richesse par exemple, la Rolex de l’époque en quelque sorte. Ça avait autrement plus d’allure.

10 LA RUE SAINT-URSULE

Retour rue de Metz. Prenez à gauche, rue de la Bourse puis en face dans la petite rue Sainte-Ursule. Au numéro 5, encore une belle fresque street art. Un petit coin un peu secret : plus loin, poussez la porte du numéro 13, vous voilà dans une merveille de cour intérieure, entourée par ce qu’étaient les arcades de l’ancien couvent des Ursulines. Au XIXe siècle, le pavillon Mazard a été construit au centre, aujourd’hui c’est un lieu dédié à la création théâtrale.

Toulouse, 13 rue Saint-Ursule

Retour Place du Capitole

Au bout de la rue, vous tomberez, en face de vous sur la rue Gambetta, sur l’Hôtel de Bernuy, autre preuve que le pastel, ça rapportait grave (c’est l’argent de ce Jean de Bernuy qui avait permis de libérer François Ier). A droite, à quelque pas, vous voilà de retour au point de départ, sur la place du Capitole. Place du Cap’, plutôt. Ben oui, c’est bon, on peut parler comme de vrais Toulousains maintenant, non ?

ET AUSSI…

Si vous voulez prolongez votre découverte toulousaine, n’hésitez pas à…

  • faire un tour au marché couvert de Victor-Hugo ou celui des Carmes
  • siroter un verre place Saint-Georges
  • remplir votre panier le dimanche matin au marché de Saint-Aubin
  • emprunter les très commerçantes rue Alsace-Lorraine ou rue Saint-Rome
  • faire une sieste en bord de Garonne à la Prairie des Filtres
  • vous balader le long du canal du Midi
  • admirer un coucher de soleil depuis le dernier étage du parking Victor-Hugo : un plan “rooftop” gratis
Toulouse, coucher de soleil
OÙ DORMIR À TOULOUSE ? 
Deux adresses, de deux standings différents, à vous conseiller, toutes deux super bien situées, en coeur de ville.
* La première est classe. Très classe. Le Grand Hôtel de l’Opéra, directement sur le côté de la place du Capitole, affiche quatre étoiles méritées. Dans ce bel édifice à l’histoire riche (ancien couvent, lycée, école de danse, devenu hôtel en 1980) et à la déco charmante, on s’est senti très à l’aise et les chambres (il y en a 57 au total) sont à la fois confortables et intimistes. Espace bien-être, avec sauna et hammam, en libre accès au sous-sol. Il paraît que c’est là que résident les vedettes de passage à Toulouse : elles ne se trompent pas d’adresse (on y a croisé Anne Roumanoff lors de notre passage). L’hôtel partage une cour avec le restaurant étoilé Les Jardins de l’opéra et une brasserie.
Grand Hôtel de l’Opéra, 1, place du Capitole. À partir de 105 euros la nuit.
* Seconde adresse, plus abordable : l’Hôtel Albert Ier, tout près du Cap’ et du marché Victor-Hugo. Cet établissement familial (on en est à la 4e génération) à 45 chambres est particulièrement chaleureux, avec un personnel toujours adorable. Ici, le cycliste est roi, avec un espace sécurisé pour ranger sa monture ; à l’accueil, on fournit un plan “maison” super bien fait avec des itinéraires à bicyclette (ou encore runnings) et plein d’infos pratiques ou rigolotes. Mention spéciale au petit-déjeuner, 100 % produits locaux, avec aucun emballage individuel (comme dans les salles des bain, d’ailleurs) : la motte de beurre, par exemple est entière sur le buffet ; ça, on aime.
Hôtel Albert Ier, 8 rue Rivals. À partir de 75 euros la nuit.

Categories: France, Non-classé

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