France

Week-end à Lyon

FRANCE  Quoi faire dans la cité des Gones ? Manger, forcément, puisque Lyon est la capitale de la gastronomie française. Mais pas que. Allez, suivez-le guide.

“Si Paris est la capitale de la France, Lyon est la capitale de la Province.”
Albert Thibaudet

“Lyon est une ville arrosée par trois grands fleuves : le Rhône, la Saône et le Beaujolais.”
Léon Daudet

Si le paradis existe, c’est à ça que doit ressembler la cantine. Aux Halles Paul-Bocuse. Le marché couvert lyonnais est un lieu de culte à la gloire de la gastronomie. Locale, bien sûr, mais aussi nationale puisque Lyon est bien la capitale française en la matière. On ne se refait pas : sitôt débarqués, le temps d’abandonner les valises à l’hôtel, nous, on commence par le ventre de la ville.
Installés à Nîmes depuis quelques mois, on en adore les Halles, vivantes, populaires. Lyon ne boxe pas dans la même catégorie : ici, on chemine – parfois sur de la moquette ! – entre des étals luxueux. Des fruits de mer. Du caviar. Des pâtisseries de prestige. Tout ce qui existe en matière de charcuterie. Des fruits et légumes, d’accord, mais bien alignés, pas en vrac. C’est beau et, on le devine, c’est bon. Forcément, c’est pas toujours donné. Mais vous ne pouvez pas repartir sans une ou deux spécialités lyonnaises ! Les Halles Paul-Bocuse, c’est l’endroit idéal pour ramener quenelles, tarte aux pralines roses ou autre saucisson brioché. Parmi la soixantaine de commerçants, il y aussi une douzaine de restaurants ou écaillers pour déjeuner sur place. Incontournable.

ON A TESTÉ :
– L’apéritif gourmand au comptoir. Au bar le Fer à Cheval, une institution ouverte avant même la fin du chantier des Halles, pour les ouvriers. Les serveurs sont plutôt sympas, il vous font une place pour poser votre plateau d’huîtres ou réchauffent volontiers votre saucisson brioché au micro-ondes.
– le restaurant Les Garçons bouchers. Resto de viandes, comme son nom l’indique. Plutôt de qualité, pas forcément très bon marché. Le hamburger ou l’escalope de veau sont à 18 euros, le filet de boeuf à 25 euros.

Halles Paul Bocuse, 102 cours Lafayette à Lyon 3e. À cinq minutes à pied de la gare de la Part-Dieu.  
En semaine : commerçants ouverts  de 7 heures à 19 heures ; restaurants jusqu’à 22h30. Dimanche et jours fériés de 7 heures à 13 heures, les restaurants jusqu’à 16h30. Le lundi est jour de fermeture, sauf pour les écaillers.

– FOURVIÈRE ET CROIX-ROUSSE 

Sur toute chose, paraît-il, il est bon de savoir prendre de la hauteur. À Lyon, vous avez deux bonnes raisons de le faire. Sur la colline qui prie, celle de Fourvière (avec la cathédrale du même nom), 287 mètres d’altitude. Ou sur la colline qui travaille, c’est une toute autre ambiance, celle de la Croix-Rousse, (célèbre pour ses habitants, les canuts) qui s’élève à 254 mètres.  Honnêtement, avec un minimum de condition physique, depuis les berges, l’une comme l’autre peuvent être atteintes à pied, et – à notre sens – ce serait même dommage de ne pas le faire. 

Dieu et ses saints, d’abord : commençons par Fourvière. Pour ses nombreux cloîtres et monastères, notamment, l’ensemble est classé au Patrimoine mondial de l’Unesco (le Vieux Lyon, la Croix-Rousse ou la Presqu’île sont inscrits aussi ; voir la fiche Unesco).
La basilique, à flanc de colline, est visible de toute la ville. Avec ses quatre tours, il paraît qu’elle ressemble à un éléphant à l’envers. Pas évident. Les Lyonnais l’ont construite (1872-1896) pour remercier Marie d’avoir repoussé l’invasion prussienne. Pour grimper, on s’attaque aux escaliers de la montée Nicolas de Lange, qui débutent juste derrière la gare Saint-Paul. Une chouette – et pentue – balade qui passe juste sous la tour Eiffel lyonnaise (enfin, la tour métallique) et qui mène, une fois les cuisses bien réchauffées, jusqu’au Parc des Hauteurs. Vue imprenable sur la ville et les deux fleuves : on l’a fait de nuit, ça vaut vraiment le coup. Une pause sur les bancs de Notre-Dame de Fourvière, et c’est parti par la descente, depuis les allées du parc jusqu’à l’entrée du fameux quartier Saint-Jean.

Pour monter, il existe aussi un funiculaire (les Lyonnais l’appellent “la Ficelle”) qui, en partant de la cathédrale Saint-Jean (station de métro Vieux Lyon), dépose ses passagers sur le parvis de la basilique.
Tarif : 2,80 euros ; valable pour un aller-retour mais si vous le faîtes dans l’heure.

Autre colline, autre ambiance. maintenant. Là-bas, en face, c’est la Croix-Rousse. Elle tient son surnom de “travailleuse” des ouvriers de la soie, les célèbres Canuts, venus s’y installer en pleine révolution industrielle. Une époque révolue ; reste une ambiance, une âme, bohème et villageoise presque. Le quartier est même devenu branché, alternatif et réunit de chouettes bars, restos et galeries d’artistes.

N’hésitez pas à vous perdre dans les rues en pente et à découvrir les tags qui fleurissent un peu partout sur les murs. C’est pas Valparaiso, belle et rebelle, bien sûr, mais ça reste sympa de s’amuser à dénicher les messages dans les recoins des ruelles où sur les murs de l’escalier des 400 marches (rue Joséphin-Soulary). Il y a aussi de chouettes traboules (lire plus bas), notamment celle qui débouche sur la cour des Voraces et son impressionnant escalier de six étages en façade d’un bâtiment symbole de la révolte des canuts (la traboule en question va du 9 de la place Colbert au 14 de la montée de Saint-Sébastien ou au 29 rue Imbert-Colomès).

Au sommet, tout près de la place de la Croix-Rousse, où se tient un marché, ne ratez pas le Gros Caillou. Qu’est-ce que c’est ? Ben, juste un gros caillou. La légende raconte qu’un huissier de justice cruel, qui avait expulsé une famille de Canuts,  a été châtié par Dieu. Sa punition : comme il avait une pierre à la place du coeur, devoir en pousser une qui grossirait jusqu’à ce qu’il croise quelqu’un de plus méchant que lui. Son parcours se serait achevé ici… Bon, sinon, l’explication scientifique viendrait d’un rocher déposé par les glaciers alpins et découvert lors des travaux du funiculaire (la “Ficelle” de la rue Terme). C’est quand même moins rigolo.
L’endroit, avec ses quelques bancs, offre un point de vue sur l’est de la ville et, paraît-il, sur le massif du Mont Blanc les jours de beau temps.

Où boire un verre ?  Au Dikkenek (3, rue d’Austerlitz, 1er). Citations du film aux murs, formidable carte de bières, belges mais pas que, planches de fromages ou de charcuterie. Décor pierres et bois plutôt chaleureux.

LE VIEUX LYON 

Arpenter les rues piétonnes du Vieux Lyon, le long de la rive droite de la Saône, c’est un peu voyager dans le temps. C’est le premier secteur sauvegardé de France (1964), un exemple pour bien des villes. Alors oui, l’endroit est très touristique, autant qu’il est charmant. Mais au pied de Fourvière, il est super agréable de jour comme de nuit de se balader sur les pavés des quartiers Saint-Jean (ne ratez pas la cathédrale), Saint-Georges et Saint-Paul. C’est là que se trouvent l’essentiel des fameux Bouchons lyonnais. Et des pubs bien sympas. Et puis on peut y jouer à cherche-traboule…

ON RECOMMANDE :
-> Le bouchon. Les Fines gueules. Cervelle de canut, tablier de sapeur, cervelas pistaché en brioche, quenelles, tripes de boeuf, pieds de cochons, etc. Il ne manque rien. Cadre chaleureux, accueil à l’avenant. Entrée-plat-dessert à 28 euros. La salle à l’étage est parfaite pour les grande tablées. 16, rue Lainerie, tél.04 78 28 99 14, fermé le lundi.
-> Le pub. C’est pas grand et c’est tant mieux. Le Smoking dog, l’un des pubs du Vieux-Lyon, anglais celui-ci, sert des bières comme s’il en pleuvait entre des rayonnages de bibliothèques. Happy hour du lundi au vendredi de 18 h à 20 h. Youpi.

Envie d’une gourmandise ? La boulangerie du Palais, en face du Palais de justice comme son nom l’indique, propose un large choix de gourmandises aux pralines : optez pour la brioche, grand classique, ou l’allumette, spécialité maison. Ne vous étonnez pas si il vous faut faire la queue pour achetez ces délices… preuve que l’adresse est bonne !

LES TRABOULES
Là, c’est du typique. “Trabouler” (oui oui, le verbe existe, du moins pour les Lyonnais), c’est pénétrer dans une immeuble par un petit couloir fermé et déboucher dans une cour intérieure qui donne accès à une autre immeuble et à un autre couloir, qui débouche lui-même sur une autre rue… ou une autre cour intérieure d’un autre immeuble, avec un autre couloir, etc. Au total, la ville en compterait plus de 300 ; une cinquantaine est ouverte au public.
La fonction des traboules, situées dans le Vieux Lyon et à la Croix Rousse, est incertaine. Gagner de la place ? Permettre aux Canuts de transporter la soie à l’abri de la pluie ? Durant les Seconde Guerre mondiale, elles ont été utilisées par les Résistants. Bien plus tôt encore, guidés par Beaufix, elles ont permis à Astérix et Obélix de semer les légionnaires romains durant leur Tour des Gaules (ben quoi, on a les références historiques qu’on peut).
Dans le Vieux Lyon, tentez de dénicher la “longue traboule”, qui traverse quatre immeubles.
L’office de tourisme fournit un plan détaillé. Sinon, pour les geeks, il existe une application Iphone en réalité augmentée (0,89 euros). Mais ça manque de charme, non ? 
 

 

– LA PRESQU’ÎLE 

La Saône à l’ouest. Le Rhône à l’est. Si les Halles en sont le ventre, si Fourvière en est l’esprit, la Presqu’île, c’est le cœur de Lyon. Le centre-ville, là où se concentre l’essentiel de l’activité commerciale. Et en la matière vous ne serez pas déçus : la capitale des Gaules est une parfaite destination shopping qui réunit des dizaines et des dizaines de boutiques en un petit périmètre. Toutes les chaînes habituelles sont présentes. Mais pas que.

C’est aussi sur la Presqu’île que se trouve les deux plus célèbres places lyonnaises.
La place des Terreaux. Au pied de l’Hôtel de Ville. Au centre, la fontaine Bartholdi (1892)… si vous arrivez à la voir quand elle n’est pas en restauration. Nous, on n’a pas réussi. Au sol, la scénographie imaginée dans les années 90 par l’architecte Drevet et l’artiste Buren (on reconnaît bien sa patte), avec 14 piliers et 69 (oui oui, comme le département) petites fontaines au sol… qui ne fonctionnent plus depuis des années. Il paraît que la place des Terreaux est la plus belle place de la ville. Mouais. Nous on trouve qu’elle est loin du Capitole de Toulouse ou de la place de la Bourse à Bordeaux, pour rester dans le Sud de la France. Si vous pouvez, allez-y plutôt de nuit, l’éclairage arrange les choses.
La place Bellecour. Plus de 300 mètres sur 200. Sacré espace. Au centre, la statue équestre de Louis XIV. Un endroit parfait pour une pause, si le soleil est de la partie, s’asseoir sur un banc et regarder les gens, tant qu’y en a (tatata).

À voir aussi : la Fresque des lyonnais, à l’angle de la rue de la Martinière et du quai Saint-Vincent (métro Hôtel-de-Ville),  pour un tour d’horizon de l’histoire de la ville au travers de ses personnages célèbres. Sur un immeuble, une fresque en trompe-l’oeil : jouez à y reconnaître, aux fenêtres, Antoine de Saint-Eupéry, les frères Lumière ou encore l’empereur Claude. Les contemporains sont au rez-de-chaussée : l’abbé Pierre, Frédéric Dard ou, évidemment, Paul Bocuse. Trente personnages, au total.

Où manger ? Au Bangkok Royal. Pour changer des bouchons et de leurs assiettes ultra-consistantes, venez goûter les délices thaïlandais de cette adresse lyonnaise réputée. Les pad-thais et autres currys vous feront oublier le temps d’un repas que vous êtes à Lyon… 40 rue du Sergent Blandan, ouvert tous les jours sauf lundi et mardi midi.

EN VÉLO, LE LONG DU RHÔNE 

Pour couvrir un maximum de terrain tout en soignant son empreinte carbone (coucou la team Eco’Green), rien ne vaut une location de vélo’v (le vélib lyonnais). 1,50 le billet. Gratuit la première demi-heure puis 2 euros chaque heure supplémentaire, c’est pas trop cher. Et très pratique : à Lyon, la rive gauche (du Rhône) est parfaitement aménagée pour les cyclistes et les piétons. On y pédale de surprise en surprise ; jetez un oeil que la piscine en plein air du Rhône, ouverte toute l’année.
Le vélo, c’est le moyen de transport idéal et agréable pour  descendre jusqu’au Musée des Confluences (célèbre aussi pour les retards et les surcoûts de sa construction) ouvert fin 2014. Architecture avant-gardiste d’acier et de verre, forcément : tous les nouveaux musées joue cette carte. À la fois muséum d’histoire naturelle, des sciences et des beaux arts, installé à la pointe sud de la Presqu’île (du mardi au vendredi de 11 h à 19 h, samedi et dimanche de 10 h à 19 h, jeudi nocturne jusqu’à 22 h ; plein tarif 9 euros ; le tramway T1 y descend aussi).
Une fois parvenus à la confluence des deux fleuves, remontez  du coté de la Saône pour jeter un oeil sur les nouvelles constructions ou les rénovations de cette ancienne friche industrielle. Le Cube orange, la Sucrière, le centre commercial ou les immeubles du quai Riboud (12 architectes du monde entiers ont planché sur ce site) confèrent au quartier un aspect ultra-moderne. Sacré décalage avec le Vieux Lyon.

Tel le Louis XIV de Bellecour, juché sur votre fier destrier, vous vous sentez des ailes ? Alors pédalez ! Remontez  jusqu’au parc de la Tête d’Or, au nord-est du centre-ville (une vingtaine de minutes de balade). Le Central Park français (inauguré en 1957, comme à New York) est le plus grand du genre dans l’Hexagone : 120 hectares, qui dit mieux ? Il doit son nom à une légende qui raconte qu’une tête du Christ en or y a été enterrée. Le site parfait pour pique-niquer. Vous y apercevrez aussi pas mal d’animaux délocalisés, des girafes par exemple. Les enfants adorent.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *