Amérique du Sud

À Buenos Aires, Evita, Mafalda et Maradona

ARGENTINE – Ultime étape de notre long séjour en Amérique latine . Retour sur quatre jours d’exploration dans les différents quartiers de la glorieuse capitale.

Argentine, Buenos Aires, Mafalda

“Le problème avec la folie des grandeurs,
c’est qu’on ne sait pas où finit la grandeur et où commence la folie.”
Quino

“Je suis né dans un quartier privé de Buenos Aires…
Privé d’eau, d’électricité et de téléphone !”
Diego Maradona

                  À VOIR
            -> La Boca avec son Caminito et le stade la Bombonera
            -> La Floralis genérica
            -> La tombe d’Evita Perón
            -> Le paseo de la historieta


3070 kilomètres
plus tard, l’avion atterrit à Buenos Aires. On débarque du bout du monde, littéralement, puisqu’on était à Ushuaïa voilà encore quelques heures. Avec nos doudounes sur le dos et nos pantalons d’hiver, on étouffe vite. Il fait plus de 30 degrés. Ici aussi, en cette fin décembre, c’est l’été. Mais le vrai. Et cette fois c’est la bonne : les affaires d’hiver vont être enfouies au fond du sac, on ne devrait plus en avoir besoin d’ici notre retour en France dans un peu plus d’un mois. Mais ça, on essaie de ne pas trop y penser. Chaque chose en son temps.

On est le 28 décembre. Il nous reste quatre jours pour palper l’ambiance urbaine de la capitale argentine. Son tango, ses icônes et sa gastronomie. 

Argentine, Buenos Aires

Les tongs aux pieds, on laisse nos affaires à l’auberge (lire l’encadré où loger à la fin de l’article) et on vadrouille dans le quartier de Retiro. On découvre le pancho (hot dog à la mode argentine agrémenté de frites-chips, à 15 ARS, moins d’un euro), au soleil, sur les pelouses de la plaza San Martín en face la gare centrale.

On poursuit notre balade dans le Microcentro, en flânant dans la rue piétonne Lavalle, en admirant le fameux obélisque dressée pour célébrer les 400 ans de la ville, en traversant la petite dizaine de voies de circulation de l’avenida 9 de Julio (elle serait la plus large du monde). Buenos Aires ne vit pas, Buenos Aires bouillonne. La Patagonie et ses immenses steppes désertes semblent bien loin tout à coup.

On dîne à l’auberge. Un groupe de trois jeunes israéliens s’installent près de nous. Incroyable et pourtant vrai, assis à la table d’à-côté, on reconnait Omer. Lui et son père (depuis rentré au pays) ont fait le un trek de cinq jours jusqu’au Machu Picchu avec nous, au Pérou. Il y a plus de deux mois de ça ! Nous n’avions pas gardé contact avec lui, nous ne connaissions pas nos plans respectifs. Et voilà que plus de 60 jours plus tard, on se retrouve assis côte à côte dans la même auberge, dans une ville de près de trois millions d’habitants. La magie du voyage. C’est rigolo de le revoir.

Une histoire à chaque coin de rue

29 décembre. Ce matin, direction le quartier populaire le plus emblématique de Buenos Aires, La Boca. Et on n’est pas les seuls. Le bus 152 nous dépose à deux ruelles du fameux Caminito, déjà envahi par les touristes. Les maisons colorées par des restes de peinture de bateaux font la gloire de ce quartier d’ouvriers. Mais l’authenticité du lieu n’est plus ce qu’elle était. Entre les restaurants attrape-touristes, les boutiques de souvenirs et les danseurs de tango qui prennent la pause, on a du mal à imaginer La Boca d’autrefois.

Cette enclave touristique, dans ce quartier réputé peu sûr (les locaux déconseillent de s’y balader seul), se résume finalement à quelques ruelles. De quoi aller à pied jusqu’au temple du football local : la Bombonera. Parés de jaune et bleu, les amoureux du ballon rond affluent tous les week-ends en nombre dans ce stade pour encourager leur équipe, l’une des plus célèbres du monde, le Boca juniors. Le foot ici c’est sacré. Et Diego Maradona est un messie.

On quitte La Boca par bus, puisqu’il est plutôt déconseillé de faire autrement. On s’arrête dans le quartier plus au nord  : San Telmo. Sur la place principale, le marché aux puces crée l’événement chaque dimanche. Aujourd’hui, c’est mardi, pour voir ça il faudra revenir. On se perd dans les ruelles pavées bordées de maisons de style colonial pour finalement tomber sur Mafalda. La jeune héroïne de bande-dessinée créée par Quino fait la fierté du peuple argentin. Pendant les années de dictature, le dessinateur n’a eu de cesse de critiquer le système argentin à travers la petite fillette. Connue aujourd’hui dans le monde entier, elle fait partie de la liste d’icônes locales qui font la fierté du pays.

On prend la pose avec Mafalda et ses congénères et on découvre qu’elle n’est pas la seule à égayer les rues de Buenos Aires. C’est toute une ribambelle de héros du neuvième art argentin qui se cachent sur un super circuit urbain : le paseo de la historieta. L’idée est géniale et permet de déambuler dans les quartiers de la ville jusqu’au Microcentro tout en découvrant les personnages de BD chers aux Argentins. 

Argentine, Buenos Aires, Paseo de la historieta

Notre petite balade nous mène tout droit vers la Plaza de Mayo, tristement célèbre pour ces mères argentines dont les enfants ont “disparu”, assassiné sous la dictature militaire.  Ces femmes, les mères de la place de Mai, regroupées en association, ont pris l’habitude de se retrouver sur cette place centrale de Buenos Aires chaque jeudi après-midi pour réclamer justice, ou du moins vérité. 

Pas sans un bon steak… 

L’Argentine est réputée pour la qualité de sa viande bovine. On en a fait l’expérience en achetant quelques pièces de boeuf à griller tout au long de notre séjour. En revanche, on n’a pas encore eu l’occasion de déguster la bête directement dans l’assiette d’un bon restaurant spécialisé en asado (grillades). Et il n’était pas question de quitter le continent sans le faire. 

OÙ MANGER UN BON ASADO ? 
On a trouvé l’adresse parfaite : Parrilla peña. Autant fréquenté par les touristes que par les locaux, le lieu ne désempli pas. A l’entrée, les pièces de boeuf rôtissent directement dans la cheminée. L’intérieur n’a pas vraiment de style. Personne n’est là pour ça. La maison est réputée pour la qualité de ses grillades. Un bife de chorizo (faux-filet) et un bife de lomo (filet très tendre) plus tard, le verdict tombe : dans l’assiette pas de fioritures mais la viande est parfaite. Excellente. Un des meilleurs morceaux de bœuf jamais mangé.
Tarifs : deux pièces de viande, une assiette de frites, un tiramisu et une bouteille de Malbec argentin : 687 pesos soit 44 euros. Ah oui et pour ce prix vous avez les empanadas offertes en entrée. Miam.

 

Argentine, Buenos Aires, Palermo30 décembre, c’est notre dernière journée complète sur le territoire argentin. Buenos Aires est une trop grande ville pour en faire le tour mais on a encore le temps d’explorer quelques-uns de ses quartiers. Allez, en route. Le bus 152, encore lui, nous emmène cette fois dans le secteur de Palermo, très résidentiel. Paradis de la classe moyenne, ce quartier est aussi connu pour son secteur très branché (Biolay y est installé, il y a puisé l’inspiration de son dernier album), Palermo Viejo ou encore pour ses multiples espaces verts. C’est dans ce coin de la ville que vous aurez le plus de chance de tomber sur… des promeneurs de chiens ! Vous ne pouvez pas les rater, ils tiennent en laisse une bonne dizaine de toutous en tout genre. Pris par leur travail, des propriétaires de toutous les paient pour qu’ils aillent faire balader Médor. Un drôle de boulot. Une vision assez drôle.

On marche encore et encore. Recoleta, Barrio Norte. On cherche la fameuse fleur, Floralis generica. On a découvert son existence dans le Lonely Planet. Une gigantesque fleur solaire métallique qui suivrait le soleil. La voilà, au coeur d’un parc dédié à l’Onu.  Six pétales, 18 tonnes, 23 mètres de hauteur, pour un résultat esthétique franchement réussi. L’endroit est idéal pour une bonne pause, allongé dans l’herbe.

La sculpture dispose d’une horloge qui contrôle son ouverture et fermeture de la fleur. Les horaires changent selon la saison et quatre jours par an, elle reste même ouverte pendant la nuit (21 septembre pour le début du printemps dans l’hémisphère Sud, le 25 mai, jour de la patrie, le 24 et 31 décembre).

Argentine, Buenos Aires, Floralis genérica

Au sud du parc de la Floralis genérica, on continue par un autre incontournable de la ville. Dans le cimetière de la Recoleta, les touristes se bousculent autour d’une seule tombe : celle d’Eva Perón (la fameuse Evita). Personnalité politique incontournable, la très populaire femme du feu président Juan Perón a marqué les esprits par son combat en faveur des femmes et contre la pauvreté. 

31 décembre. Dernier jour de l’année 2015. Dernier jour en Argentine. Dernier jour sur le continent américain. On palpe une dernière fois le pouls de Buenos Aires avant d’attraper le bus pour l’aéroport. En guise d’adieu, un pigeon argentin se soulage dans le dos et les cheveux d’Elodie. Un dernier cadeau généreux et odorant avant 1 h 30 de bus et 24 heures d’avion. Adieu Buenos Aires !

Ah oui, on ne vous a pas dit : on s’envole pour le continent africain. Johannesburg, nous voilà.  

BUENOS AIRES PRATIQUE 
Comment venir ?
Aéroport national Jorge-Newbery – centre-ville. Les vols au départ d’Ushuaïa atterrissent sur le tarmac de l’aéroport national de Buenos Aires, au nord de la ville, en bordure d’océan. Pour rejoindre le centre-ville (la gare des bus de Retiro), prendre l’Arbus (bus bleu), à la sortie de l’aéroport. Les billets de bus sont en vente dans un guichet à l’intérieur de l’aéroport : 30 pesos argentins le trajet, soit 1,90 euros. Attention : paiement par carte bleue seulement.
En ville. Pour se balader en ville, rien de tel que deux bonnes jambes. Mais pour rejoindre La Boca ou Palermo, prendre le bus 152 depuis l’avenida Santa Fé. Pour payer, procurez vous la carte Sube dans un bureau de tabac et rechargez là avec quelques pesos. Trajet : 3 à 4 pesos en fonction de la distance, moins de 0,30 euros.
Centre-ville – aéroport international Ezeiza. Il existe plusieurs moyens de relier l’aéroport. Choisissez en fonction de votre temps, de votre budget et de l’état du trafic à l’heure de votre départ. Le plus rapide et le plus cher : le taxi (370 ARS le véhicule, soit 24 euros). L’intermédiaire : le bus privé Tienda Leon, au départ de la gare de bus de Retiro (170 ARS par personne, 11 euros). Le plus économique : le bus public n°8 aeropuerto (c’est écrit sur le pare-brise), qui passe par l’avenida de Mayo (ou av. Rivadavia). Pour 32 km, comptez minimum 1 h 30 mais le tarif est compétitif : 4,75 ARS soit moins de 0,30 euros. Nous, on n’a pas hésité. Attention, aux heures de grand trafic, le bus peut mettre jusqu’à 3 heures !
Où dormir ?
Économique et bien placé, le Recoleta hostel (1216 Libertad, Retiro) est une adresse à retenir pour les petits budgets. L’ambiance est conviviale, le personnel sympa et le patio assez agréable. Bon, il ne faudra pas faire les difficiles sur le confort des chambres vétustes ; la propreté des salles-de-bain communes et la cuisine sous-équipée. Tarif : 500 ARS soit 32 euros. 

 

 

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