France

Visiter Sancerre et ses environs

FRANCE – Visiter Sancerre : quoi voir, quoi faire dans le village et ses alentours. Dégustation de vin, de crottins de chavignol, visites, tour des fiefs… Guide pratique pour un séjour réussi dans le Berry (1/2).

Il est là, perché sur un piton rocheux, au cœur d’un océan de vignes. Peu importe d’où on arrive : le village de Sancerre (département du Cher) se voit de loin. Impossible de le rater.
La voiture posée, l’ancienne citadelle se visite facilement à pied. Pour ne rien rater des bâtiments chargés d’Histoire (le beffroi et l’église Saint-Père-la-None en tête) et des petites places, c’est simple, il suffit de suivre la ligne rouge. Un “fil d’Ariane” est en effet tracé au sol, il permet de cheminer en 28 points dans toute la cité (le dépliant du “fil d’Ariane” est disponible à l
‘office de tourisme, qui en constitue aussi le point de départ).
Le bourg est mignon, la balade agréable ; l’occasion aussi de vérifier qu’ici, tout tourne autour du vin et de l’oenotourisme. Quasiment tous les commerces y sont dédiés et, pour une commune de moins de 2000 habitants, le nombre de restaurants est impressionnant : hé oui, il faut régaler cette clientèle épicurienne (il y a même une table étoilée au Michelin, le restaurant de la Tour). 

                                                   

La Maison des Sancerre, pour déguster intelligent

L’endroit est connu internationalement pour son vin, le Sancerre blanc principalement. Et nous, on n’est pas venu pour siroter des Vittel fraise. Première étape, forcément : la Maison des Sancerre. Parce qu’on ne va pas déguster idiots quand même ! Dans un bâtiment du XIVe siècle entièrement rénové, face à l’église, avec jardin et terrasse panoramique, on y apprend tout de l’histoire de ce vin – qui remonte à l’Antiquité – et de ceux qui le font. Instructif et passionnant. Ce qui est chouette, c’est que la Maison appartient aux 350 vignerons de l’Appellation, qui ont eux-même décidé de sa construction (le lieu a ouvert en juin 2005) et du contenu. Un contenu revu et corrigé en 2015 pour être plus interactif et ludique. Un cinéma 4D (façon Futuroscope) offre un survol du vignoble dans la peau d’une abeille, des tablettes tactiles, de la réalité augmentée… même les enfants y trouveront leur compte. Mais il n’auront pas droit à la dernière étape de la visite : la dégustation de vin. Un godet bien frais. Mmmm. Pour nous, le premier verre de Sancerre du jour. Pas le dernier…

Pratique. La Maison des Sancerre est ouverte tous les jours, du 1er avril au 1er novembre.
Tarifs (dégustation incluse, des sirops pour les enfants) ; adulte : 8 € ; enfant de moins de 16 ans : gratuit.


La Tour des Fiefs, pour prendre de la hauteur

Attention : panorama de malade. Sancerre, on vous l’a dit, est perché sur un piton rocheux. Et au sommet de ce piton se trouve un donjon haut de 40 mètres, la Tour des Fiefs, dernier vestige du château féodal. L’endroit, s’il est situé dans le parc de l’actuel château de Sancerre, une propriété privée, se visite quand même grâce à l’office de tourisme.
Au sommet, une plateforme offre une vue époustouflante à 360 degrés, à côté de laquelle, dans la catégorie “panorama sur un beau village au milieu des vignes”, même la Tour du Roy à Saint-Émilion (lire aussi notre article Visiter Bordeaux en un week-end) peut aller se rhabiller. Les coteaux vallonnés du vignoble sancerrois, la Loire et son canal qui serpentent en contrebas, les monts du Morvan en arrière-plan : franchement, pour 2,50 euros et quelque 195 marches à gravir dans un petit escalier en colimaçon, ça vaut le coup. À ne pas rater.

Pratique. Tarif : 2.50 € ;  6 € pour les familles ; 1 € pour les étudiants ; gratuit pour les moins de 12 ans. 
La Tour des Fiefs est ouverte tous les jours sauf dimanche matin du 18 avril au 28 octobre. Les horaires changent selon la période, renseignements à l’Office de tourisme du Sancerrois.

LE RABOLIOT
Il nous attend au comptoir du Ligérien, le bar devant lequel il amarre son embarcation. En short, pieds nus, un demi dans l’une de ses mains, qu’il a larges comme des battoirs. Sylvain Trével, 39 ans, est un personnage, un vrai. Pêcheur professionnel, voilà trois ans, ce gaillard a décidé de créer une nouvelle activité touristique sur ce coin préservé de la Loire, entre les vignobles de Sancerre d’un côté et ceux de Pouilly de l’autre : des promenades en bateau. Depuis, le “capitaine Haddock”, comme on le surnomme ici, a envoyé gaiement baladé près de 10 000 personnes sur l’eau, grâce au Raboliot, une “sablière” longue de 18,50 mètres (12 passagers max) capable de naviguer toute l’année, grâce à son faible tirant d’eau.

D’ailleurs, une sortie à bord vaut autant pour le paysage que pour lui. Intarissable sur l’Histoire du fleuve royal et de ses mariniers, Sylvain distille informations sur la faune et la flore et anecdotes à la pelle.
Il propose toute une série de balades à thèmes. Nous, forcément, on a embarqué pour l’escapade gourmande, avec dégustation de produits locaux. Hé bien vous savez quoi ? Du crottin de Chavignol bien faits sur des croquets (biscuits sucrés bien locaux), arrosé par un blanc de Sancerre frais, le tout en pleine nature au fil de l’eau, c’est une moment de bonheur dont on a encore du mal à se remettre.
Infos pratiques : Le Raboliot, réservations au 06 70 75 67 97. La balade gourmande, par exemple, dure 1h, 15 € par adulte (c’est le prix de la balade classique) + le prix de la dégustation (à voir avec le capitaine, selon les produits)  ; 10 € par enfant + la dégustation.

 

Découvrir les alentours

Autour de Sancerre, le vignoble modèle le paysage à merveille. En voiture, il suffit de se balader sur les coteaux pour s’offrir de chouettes points de vue. Un conseil : prévoyez les pauses photos dans les temps de trajet… Pour les marcheurs, l’office de tourisme a répertorié plusieurs randonnées qui permettent de se balader carrément dans les vignes (les plans en PDF peuvent être téléchargés par ici).
Ne manquez pas le petit hameau de Chavignol – il fait partie de la commune de Sancerre – qui donne son nom à l’autre trésor du coin : le crottin. Avec le Sancerre, ça fait deux a
ppellations d’origine connue internationalement sur un territoire de quelques kilomètres : qui dit mieux ? Et vous savez quoi, comme la nature fait toujours bien les choses, les deux vont parfaitement l’un avec l’autre ; ça, on va le découvrir bientôt… Sur la petite place du village, la célèbre fromagerie Dubois Boulay (ouverte toute l’année) est l’endroit idéal pour un ravitaillement.

Nous, on souhaitait aussi visiter une chèvrerie, pour tout comprendre de la fabrication de ces crottins. Vous savez, on a une passion dévorante pour le fromage, c’est pas pour rien qu’on a fait le tour du monde en faisant goûter le roquefort sur notre route (vous avez loupé ça ? Petit rattrapage vidéo : Un tour du monde avec le roquefort !).
Pour cela, on a mis le cap sur Jars (à moins de 20 km au nord de Sancerre) et la ferme de la Brissauderie. Là, Magali et Dominique élèvent des chèvres depuis près de 15 ans en accueillant les visiteurs pour leur expliquer leur vie et celle des animaux au quotidien et leur présenter les différentes étapes de fabrication de leurs fromages, à commencer par le crottin de Chavignol fermier, qu’ils proposent en vente directe. La traite, c’est tous les jours à 17 heures. La Brissauderie est surtout le paradis des petits : le couple anime aussi une ferme pédagogique  (lama, alpagas, chèvres naines, chèvres angora, mouton d’Ouessant, buffles) et propose tout un tas d’activités, aire de jeux, green foot et surtout, l’été, un incroyable labyrinthe de maïs de trois kilomètres.

Pratique. Visite découverte avec dégustation, 5 euros. Activités : de 2,50 à 6,50 euros. 
Tél. 02 48 58 70 89 ou 06 81 11 44 26.

UN REPAS TOUT CHÈVRE
C’est la formule que propose l’auberge des Pellets. Une ancienne ferme, jadis chèvrerie, située dans la forêt sur la commune de Morogues. Là, dans une salle décorée bien à l’ancienne, vous mangerez sur d’anciennes machines à coudre en guise de tables. Le menu chèvre (qui est écrit sur la carte en parler berrichon), entrée-plat-dessert tous à base de fromage AOC,  coûte 19 euros. Mention spéciale pour le clafouti au crottin et aux myrtilles. Il existe aussi un menu berrichon uniquement à base de spécialités régionales (17 euros). 
Pratique. Auberge des Pellets, au lieudit… Les Pellets, 18220 Morogue. Normalement, votre GPS ou votre téléphone devrait vous y mener sans trop d’encombres. Pour ceux qui prévoit d’y dîner et de ne pas trop se priver sur les autres spécialités du cru, AOC Sancerre ou Menetou-Salon en tête, sans mettre leur permis de conduire en jeu, l’endroit fait aussi chambres d’hôtes. 

 

La cathédrale Linard, c’est fou

C’est un site complètement barré. Au fond des bois, au lieu-dit Les Poteries sur la commune de Neuvy-Deux-Clochers, se cache un ensemble dit “d’art singulier” à la fois fou, poétique et émouvant : la cathédrale de Jean Linard. Alors, ce n’est pas une cathédrale et c’est à la fois bien davantage : le Jean Linard en question est un artiste céramiste, sculpteur, peintre, graveur et architecte, rien que ça, une sorte de facteur Cheval, vous savez, celui qui a passé 33 ans de sa vie à bâtir dans la Drôme son “palais idéal” avec les pierres ramassées lors de chacune de ses tournées quotidiennes. Jean Linard, lui, a acheté un terrain sur lequel il a commencé à bâtir sa maison à base de matériaux de récupération, dans les années 60. Une maison qui a sans cesse évoluée jusqu’à devenir une vaste, superbe et bigarrée propriété. Il a débuté la construction de sa cathédrale à l’arrière de celle-ci en 1983, une édifice incroyable, imposant et coloré. « La cathédrale la plus haute du monde, disait son architecte, puisque c’est le ciel qui en est le toit »

                                                                  

Jean Linard est mort le 17 février 2010. L’ association loi 1901 “Autour de la Cathédrale de Jean Linard” a pour objectif l’ouverture du site aux visites durant les mois de juillet et d’août. Un site qui serait en vente et sur lequel plane donc bien des incertitudes. Renseignements au 09 73 01 86 46. 

 

OU DORMIR ?
Bon, cette fois, on n’a pas fait dans l’hébergement pour backpackers. La Chancelière, construite au XVIIIe siècle, était la résidence de l’intendant de l’abbaye de Saint-Satur (le village situé au pied de Sancerre). Dans les vastes greniers étaient stockés les céréales, dans les caves, le vin. Et dans les étages intermédiaires, de vastes et élégantes pièces de vie. L’endroit abrite désormais de charmantes chambres d’hôtes (quatre épis aux gîtes de France). La terrasse, orientée plein sud, offre une belle vue sur les vignes et le piton de Sancerre : c’est là que Nicole, la très attentionnée tenancière des lieux, vous sert le pot de bienvenue (vin de sancerre et crottin de Chavignol, forcément) et le petit-déjeuner, gourmand et copieux (pain et viennoiseries arrivent tout frais de la boulangerie spécialement pour vous).
Pour le dîner, si vous n’avez pas envie de prendre la voiture, hésitez pas à juste traverser la rue : au restaurant de l’hôtel Le Laurier, tenu par la Marseillaise Josiane. Copieux et bon tout simplement ! 
Pratique : La Chancelière, 5 Rue Hilaire-Amagat, 18300 Saint-Satur. Tarifs : pour une nuit, petit-déjeuner compris, 120 euros pour une personne ; 160 euros pour deux. Tél. 02 48 54 01 57. 

 

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Nous avons découvert Sancerre à l’invitation de Berry Province.

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