Nouvelle-Zélande

Wellington, une capitale dans le vent

NOUVELLE-ZÉLANDE – Au sud de l’île du nord, au niveau des quarantièmes rugissants, “Windy Welly” est une cité décoiffante, avec son formidable musée Te Papa.

Nouvelle-Zélande, Wellington, Parlement

On l’apprendra finalement au moment de partir. Le surnom de Wellington, située près du détroit de Cook tout au sud de l’île du nord (au niveau des quarantièmes rugissants), c’est “Windy Welly”. Welly la venteuse. Surnom mérité. En trois jours et autant de nuits dans la capitale néo-zélandaise, on aura passé notre temps à (tenter de) s’abriter d’une pluie quasi-incessante, d’un froid mordant et de violentes rafales de zef qui faisaient trembler Richie la nuit, et nous avec à l’intérieur. 

Dommage car du coup, on aura peu goûté les atouts de la cité, réputée pour être un drôle de bouillon de culture à la vie nocturne débridée et élue par le Lonely Planet en 2011 comme “la petite capitale (402 000 habitants) la plus cool du monde”. “Cool” ? Carrément frigorifiante, même, d’après notre expérience.

Le musée Te Papa : à ne pas manquer

En voyage, quand il fait mauvais temps, qu’est-ce qu’on fait ? On se réfugie dans des musées, bien sûr ! Et là, pardon, mais le musée Te Papa (Te Papa Tongarewa de son nom complet, ce qui signifie Les trésors de notre terre en langue maorie) vous fait presque vous féliciter que dehors, il continue de dégringoler des seaux d’eau, entre les bourrasques. D’ailleurs, il ferait grand beau lors de votre passage à Wellington – c’est assez rare, paraît-il – qu’il ne faudrait absolument pas rater cette visite.

D’abord, l’entrée est gratuite, et ça, c’est chouette (dotations bienvenues, ouvert tous les jours 10 heures à 18 heures, nocturne le jeudi jusqu’à 21 heures). Les vestiaires le sont aussi, pour laisser votre K-Way ruisselant de flotte. C’est parti pour plusieurs heures de découvertes et de jeux sur six niveaux, à la rencontre des Kiwis, de leur histoire et de celle de leurs terres. Cela, dans un univers coloré, ludique et interactif : le Te Papa n’a rien à voir avec certains musées poussiéreux à la papa et c’est un bonheur pour les enfants et ceux qui, comme nous, le sont restés.

Nouvelle-Zélande, Wellington, musée Te Papa

Vous voulez une petite visite guidée ? Bon, OK, puisque vous le réclamez. Niveau 1, accueil, boutique, bar. Au niveau 2, le visiteur comprend tout de la formation géologique des deux îles de Nouvelle-Zélande, des volcans, etc. Un simulateur de tremblement de terre est installé dans une petite maison : aussi amusant que terrifiant. C’est aussi à ce même niveau que se trouve la vedette des lieux. The Colossal squid. Un calmar géant d’une dizaine de mètres de longueur, le plus grand spécimen exposé du monde, qui flotte dans une sorte de formol, sous le regard d’orques ou de dauphins en résine et de dizaines d’oiseaux suspendus au plafond. Niveau 3 ? Il raconte la transformation des paysages néo-zélandais, l’action des hommes au fil des siècles.

Le niveau 4 est l’un des plus intéressants, à notre sens. Un espace détaille l’histoire du traité de Waitangi, le document fondateur de la Nouvelle-Zélande. La culture tribale, les traditions, l’histoire du Ka Maté, le célèbre haka des Blacks, la lutte contre les discriminations, etc. : très instructif et complet sur la question maorie. Dans le secteur baptisé Passeports, petit rappel de tous les mouvements démographiques qui font ce que la Nouvelle-Zélande est aujourd’hui, avec des récits poignants des migrants de toutes les époques. À lire à la lumière de l’actualité. Le niveau 5 abrite la collection d’art nationale ; le 6, les expos temporaires ainsi qu’une terrasse panoramique sur le port et la ville.

Nouvelle-Zélande, Wellington, vue depuis le Te Papa

La bibliothèque, terre d’asile

Comme décidément il continue de pleuvoir la mer et les poissons, il faut bien trouver d’autres lieux d’asile. Si comme nous, vous affrontez les éléments à Wellington, faites une pause à la bibliothèque centrale, située à proximité des quais (entrée principale sur le Civic square, toutes les infos pratiques par ici). On y a passé des heures ! Elle est vaste, confortable, lumineuse, centrale et offre un bon wifi gratuit. La cafétéria propose des en-cas sucrés ou salés très bons et vraiment pas chers. Pour des voyageurs en van, c’est une sorte de terre promise. 

OÙ SE GARER POUR LA NUIT ? EN PLEIN CENTRE-VILLE !
Ainsi en est-il en Nouvelle-Zélande : tout est prévu pour les voyageurs en campervan. Garer son fourgon en plein centre-ville dans la capitale du pays ? Pas de problème. On est arrivée de nuit avec Ritchie, on s’est installés dans un petit parking privé à quelques dizaines de mètres de Cuba street, la principale rue commerçante de la cité. Attention, l’entrée n’est pas simple à dénicher.
Cuba street motorhome park, entrée via la Garret street. Réservé aux véhicules classés self-contained. 29,50 dollars NZ (18,50 euros) la nuit jusqu’à 8 heures le lendemain matin ; 39 dollars (24,50 euros) jusqu’à 10 heures. La grasse matinée a un prix.
Petite astuce si vous restez plusieurs nuits : payez le tarif le plus bas (39 dollars) et le lendemain à 8 heures remettez 39 dollars pour la nuit suivante, ça suffit pour la journée et la nuit suivante. Pas besoin de payez plus.

 

Black is beautiful

Nouvelle-Zélande, Wellington, le rugby au pub

Ah au fait, on vouzapadi : on est en Nouvelle-Zélande en plein pendant la coupe du monde de rugby. Qui se joue en Angleterre. Alors c’est pas pratique, parce qu’avec le décalage horaire, les matches se disputent au beau milieu de la nuit. Qu’à cela ne tienne, tous les pubs du pays ont obtenu des dérogations spéciales : ils sont autorisés à ouvrir, et donc à servir à boire, une heure avant, pendant, et jusqu’à une heure après les rencontres. Quelle que soit l’heure de diffusion.

Ainsi, on a gentiment vu la France battre l’Italie pour son match d’ouverture à 7 heures du matin. Il n’y avait alors qu’une petite poignée de personnes dans le bar. Le lendemain, c’était au tour des All Blacks de débuter la compétition (lire l’encadré ci-dessous, on vous parle encore de rugby). À quatre heures du matin, heure locale. On s’est dit que pas grand monde n’allait se lever et se traîner jusqu’au bistrot (surtout avec la pluie et toujours ce vent à vous déraciner une mêlée géorgienne). Gens de peu de foi que nous sommes ! On a douté de la passion de ce peuple pour la chose ovale ? Mathieu s’est levé exprès, il a vu le miracle : à 3 h 30 du mat’, pour les Blacks, les pubs sont pleins ! Et il tombe des bières comme à Gravelotte !

LE RUGBY A AUSSI SON MUSÉE
Il est situé à Palmerston north, à 140 km au nord de Wellington. Forcément, en Nouvelle-Zélande, le rugby a son musée. L’endroit, au premier étage d’un petit complexe commercial, retrace l’histoire du rugby dans le pays grâce à de nombreuses vitrines où s’enchaînent les décennies, de la fin du XIXe siècle à aujourd’hui. De nombreux objets, maillots et photos ont été collectés. Le passionné y trouvera son compte. Au centre, un espace permet de s’essayer à plaquer, buter ou pousser en mêlée. Franck, le bénévole qui nous a reçu ce jour-là a sérieusement enrichi la visite.
En pratique : New Zealand rugby museum, 326 Main Street, Palmerston North, ouvert tous les jours de 10 heures à 17 heures. Entrée adulte : 12,50 dollars, 7,80 euros. 

 

Quand le soleil fait une apparition

Tiens, une éclaircie. En trois journées à Wellington, les cieux nous offrent une pause d’une heure et demie sans pluie. L’occasion, la seule, de grimper à bord du cable car, l’iconique funiculaire de la capitale néo-zélandaise. Le véhicule, en fonctionnement depuis 1902, offre un charme suranné avec son intérieur tout en bois. Romantique, l’ascension (départ depuis la rue Lambton quay, 4 dollars NZ l’aller, soit 2,50 euros ; 7,50 dollars l’aller-retour ; départ toutes les dix minutes) vous mène jusqu’au commet de la colline qui surplombe la cité et le port, à 120 mètres d’altitude. Belle vue.
Notre bon plan : au départ et à l’arrivée du cable car, des plans gratuits très bien fichus peuvent aussi faire office de plan de la ville.

Un chemin permet de rejoindre le centre-ville à pied, en descendant à travers le mignon jardin botanique. Très agréable. On passe devant le Parlement de Nouvelle-Zélande (qui se visite, là aussi gratuitement), la gare, pour un retour via les quais. Avant de foncer… à la bibliothèque. Il s’est remis à flotter sévère. Dommage. Ça doit être agréable, Wellington. Avec du beau temps.

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