France

Week-end à Saint-Étienne

FRANCE Avec Saint-Étienne, franchement, on ne savait pas à quoi s’attendre. On a été agréablement surpris.  Récit de nos trois jours chez les Verts ; bons plans, conseils.

Saint-Etienne, Hotel de ville,

“On n’est pas d’un pays mais on est d’une ville.”
Bernard Lavilliers

“Qui c’est les plus forts ?”
Jacques Monty

Oui, Saint-Étienne est une ville riche ! L’une des plus fortunées de France, sans doute. Sa richesse, elle vient de celles et ceux qui l’habitent, de son histoire. Ville minière, ville ouvrière. Ville populaire. “Pas de chichi ici, on ne fait pas de manières”, nous explique Jean-Paul Vialeton, le patron du plus vieil hôtel de la ville (lire notre encadré où dormir ?) dès notre arrivée.

Des manières ? Pour parents et grands-parents des Gagas d’aujourd’hui, y avait pas de quoi, c’était la mine, c’était l’acier. C’était pénible, alors forcément, saine tradition ouvrière, on se serrait les coudes. On s’entraidait. Avant-guerre, par exemple, les mineurs alimentaient eux-mêmes une caisse pour ceux qui tombaient malade, ils avaient inventé leur Sécurité sociale avant l’heure. Tout ça, ça reste, ça a infusé les esprits.
Alors si vous rêvez d’un séjour yoga-quinoa-prout-prout, c’est sûr, c’est sans doute pas à Sainté qu’il faut aller. Ici, vous aurez plutôt du voisin de bistrot chaleureux qui vous cause sans vous connaître, de la râpée des familles cuite à la cheminée qu’on vous sert dans un grand plat, du camarade vert vêtu qui vous tape dans la main parce que l’équipe, elle a marqué. Du “gazier” accueillant, fier de sa ville et de ce qu’elle est.

Une fierté dont on a pris conscience avec le buzz incroyable de notre petite vidéo “Halte aux clichés”, déjà vue plus de 350 000 fois sur Facebook grâce aux partages des Stéphanois.
On ne prétend pas connaître la ville, on n’y a passé que trois jours. Mais tout ça, on l’a ressenti. Ça donne envie de revenir, beauseigne !

                             

HALTE À FIRMINY
En chemin, d’abord, on a fait une halte à Firminy et son site Le Corbusier, nommé Firminy-Vert, inscrit en 2016 sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité. Considéré comme le fondateur de l’architecture moderne, c’est ici, à une quinzaine de kilomètres au sud de Saint-Étienne, qu’il a bâti son plus grand ensemble. La Maison de la Culture, toujours en activité (ne ratez pas le mobilier d’époque, années 60), le stade, la piscine, l’unité d’habitation (ceux qui connaissent la cité Le Corbusier de Marseille ne seront pas dépaysés) et l’église Saint-Pierre, qui mérite à notre avis à elle-seule le déplacement, ovni de béton offrant une sonorité incroyable à l’intérieur.
Le parcours de visite permet de découvrir chaque élément ; ouvert tous les jours sauf le mardi, de 10h à 12h30 et de 13h30 à 18h. Tarifs : 6,50€, 5,50€, gratuit pour les moins de 8 ans. 

 

Saint-Étienne. Commençons par le commencement. Le centre-ville. Une affaire de places, en somme. Celle du peuple, où se croisent les tramways et les piétons, entre boutiques et terrasses de cafés. Puis les trois grandes places alignées, Dorian, de l’Hotel-de-Ville et Jean-Jaurès, cette dernière concentrant mairie, préfecture et cathédrale en son pourtour. Larges artères et grands espaces publics : c’est la “ville nouvelle” construite après la Révolution. Chouette balade piétonne, si le temps est de la partie (le livret Parcours Saint-Étienne, gratuit et disponible à l’office de tourisme, propose justement un itinéraire intéressant).

Saint-Etienne, centre-ville

Rien à voir avec le quartier Saint-Jacques, plus au sud, ancienne étape des pèlerins de Compostelle, dans lequel les petites rues piétonnes serpentent entre les pierres anciennes de maisons à deux ou trois étages. Visez la rue Denis-Escoffier et ses mignons commerces. Vers l’ouest et la gare de Châteaucreux, l’avenue de la Libération offre un alignement remarquable de belles façades Art nouveau (prenez le temps de regarder les détails), jusqu’au futuriste bâtiment de l’Agglo.

tour-observatoireDe manière plus générale, Saint-Étienne est engagée dans un big programme de rénovation urbaine. Objectif : passer de la cité industrielle qu’elle fut à celui de Capitale du design qu’elle entend être. Une démarche validée en 2010 avec l’entrée dans le réseau des villes créatives Unesco et qui semble fonctionner : Sainté vient de regagner des habitants pour la première fois depuis plus de 40 ans (172 023 habitants en 2016 ; pour mémoire, ils étaient 226 000 en 1968).

Le symbole de cela, c’est bien sûr la création de la Cité du design, sur les friches de l’ancienne Manufacture d’armes, qui héberge notamment l’Ecole supérieur d’art et design (5 euros en individuel plein tarif pour l’accès aux expositions temporaires). Tout autour, un “quartier créatif” est en train de sortir de terre. Grimper sur la tour observatoire (31 m de haut) pour avoir un aperçu sur le site et l’ensemble de la ville. La Cité accueille une biennale internationale qui vit, jusqu’au 9 avril 2017, sa 10e édition sur le thème “Les mutations du travail” et qui attire des curieux du monde entier.

Ne passez pas à côté du Musée de la mine… 

Retour vers le passé. Pour nous, il n’était pas concevable de visiter Saint-Étienne sans se pencher sur son histoire houillère. L’ancien puits Couriot et son immanquable chevalement abrite aujourd’hui un musée de la mine qui permet de découvrir, dans des bâtiments bien préservés, le travail des mineurs et leurs conditions de vie. Passionnant. On vous conseille d’opter pour la visite guidée (7 euros plein tarif), la seule qui permettent d’accéder à la galerie témoin, reconstituée à quelques mètres sous terre (et non pas à plus de 700 mètres, même si un effet dans l’ascenseur vous le laisser imaginer) et qui permet de glaner un max d’infos.

puits-couriot

Visitez aussi, le Musée d’art moderne, carapace noire posée à l’extrémité nord de la ville et qui possède la plus importante collection d’art moderne et contemporaine après le parisien Centre Pompidou. Monet, Picasso, Léger, Liechtenstein ou notre chouchou Viallat sont de la partie (plein tarif, 6 euros).

… ni du Stade Geoffroy-Guichard 

Mais si c’était lui, le principal monument de la ville ? C’est le plus vivant, en tout cas, c’est sûr. Le stade Geoffroy-Guichard, antre des Verts, est intimement lié à l’image de Saint-Étienne, à son histoire. Franchement, si vous décidez d’aller visiter Sainté, jetez en amont un oeil sur le calendrier de l’ASSE et essayez de faire coïncider votre venue avec un match à domicile. Nous, on n’es pas spécialement des passionnés de football, mais on a réussi à avoir deux places dans la tribune Paret, on s’est rapproché du fameux kop nord et on a passé 90 minutes mémorables dans une ambiance superbe et bon enfant. Tiens au fait, l’ASSE est toujours perçu comme le club le plus sympathique selon une étude récemment mené par l’Ipsos.

supporters-verts

Si vous avez le temps, faites un tour au Musée des Verts, installé dans le stade, pour revivre l’Histoire du club et notamment l’épopée des années 70 (7 euros le musée ; 12 euros avec la ciste de Geoffroy-Guichard). Les fameux et maudits poteaux carrés de Glasgow, théâtre de la finale de la Ligue des champions perdues contre le Bayern de Munich (1976), sont là !

CARNET PRATIQUE
Se déplacer. 
Bon, nous, on est des fervents partisans de la
marche à pied. Mais à Sainté, même si l’essentiel de centre-ville se visite facilement pedibus cum jambis, on a fait des exceptions. Parce que le tram, c’est une institution qui fonctionne sans interruption depuis sa création en 1881. Unique ! Les trois lignes actuelles desservent bien le coeur de la cité. Sinon, l’ancienne capitale du cycle dispose aussi de ses vélos en location libre-service : ici, ils s’appellent Velivert et ils ont un chouette look coloré. Le bon plan, c’est la Saint-Étienne city card qui permet d’utiliser tous les transports à volonté, donne accès aux 15 musées du territoire (au musée de la Mine, celui des Verts, celui d’art moderne, à la Cité du design, au site Le Corbusier, etc.) et offre des tas de réducs loisirs, shopping ou restaurants. Tarifs : 18 euros la journée, 28 euros les deux jours, 38 les trois, ça vaut vraiment le coup pour un week-end de visite.-> Plus d’infos : office de tourisme de Saint-Étienne Métropole.
Où manger ?
 Ah, enfin une question essentielle. Notre expérience la plus mémorable, qu’on recommande chaleureusement, s’est jouée à La Râpée. C’est un peu excentré, au-dessus du musée de la Mine, aux portes de la ville, mais la marche à pied peut s’avérer salvatrice après le gaaaargantuesque menu entrée-plat-dessert (17 euros). Salade  – géante – de foies de volailles et super desserts maison accompagnent la râpée, LA spécialité locale, que sont des galettes (ici faites à la louche) de pommes de terre épaissies avec des oeufs préparées à la cheminée, sous vos yeux. Simple et copieux. À ne pas rater. 3, rue Xavier-Privas, du mercredi au dimanche. Tél. 04 77 32 14 72.

Autre salle, autre ambiance. Mon Jardin secret cultive une ambiance très maison de famille british dans la déco. On y déguste des plats familiaux revisité devant une bibliothèque, dans des assiettes dépareillées. Les menus, de 25 à 40 euros, changent avec les saisons. Tout est fait maison. 29, rue Badouillère. Tél. 04 77 95 55 20.
Où boire un verre ?
  C’était d’abord un site internet, créé il y a trois ans. Puis Mathieu Mondesert a quitté Paris pour revenir à Saint-Étienne il y a un an et demi et ouvrir la cave à manger Demain les Vins. Plus de 500 références de petits vignerons de la France entière ; à consommer sur place (droit de bouchon, 7 euros) ou à emporter. Sur des planches, fromages et charcuterie locaux voisinent avec des mets ibériques ou italiens. Le patron est très sympa, l’ambiance chaleureuse. 1 bis cours J-Bouchard, fermé dimanche, lundi et mardi. Tél. 09 86 19 97 37.

Le Zoobar pour ses cocktails et son ambiance festive qui attire les jeunes branchés stéphanois. Service jusqu’à 1h30, 10 avenue de la Libération.
Où dormir ?
Notre expérience, c’est
l’hôtel Continental, le plus ancien de la ville parce qu’installé dans un ancien relais de poste qui avait ouvert ses portes en 1852 ! Jean-Paul Vialeton, patron adorable qui y travaille avec son épouse, a racheté l’endroit en 1991 et s’est résolument tourné vers le design en 2009. Parmi ses 25 chambres (trois niveaux de confort), 15 offrent un thème différent et travaillé. 10 rue François-Gillet, en plein coeur de ville ; chambres à partir de 35, 49 et 60 euros. Tél. 04 77 32 58 43.
–> Vous avez d’autres adresses ou bons plans ?
N’hésitez pas à les partager dans les commentaires ! 

 

Ah au fait, dans la bataille entre Saint-Étienne et Lyon, il ne faut pas compter sur nous. On ne fait pas de jaloux puisqu’on a consacré un reportage à chacune des deux villes (lire week-end à Lyon). Et on ne prend pas partie. Même si on est sûr que Bernard Lavilliers, il est sans doute plus fort que Benjamin Biolay à la bagarre.

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Nous avons découvert Saint-Étienne à l’invitation de l’office de tourisme de la ville.

 

4 replies »

  1. C’est un bel article qui nous parle de notre avenir sans renier le passé. Le musée d art et d industrie vaut aussi une visite : armes, textiles et vélo font aussi partie du paysage stéphanois.
    A faire la prochaine fois !
    Ici c’est une terre d inventeurs. Du textile de passementerie on est passé au textile technique. Nous sommes aussi sur les terres du premier épicier, qui n est devenu rien de moins que le géant de la distribution Casino.
    C’est de Saint Étienne que le Chef Pierre Gagnaire est originaire et où il a également officié… Des talents et des réussites, j en oublie certainement

  2. Merci pour votre récit 👍de votre séjour à SAINT-ETIENNE. Étant 100 pour cent stephanoise vous avez résumé l’ambiance et l’esprit des Stephanois les vrais !
    N’hésitez pas à revenir….

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