Thaïlande

Plongée à Koh Tao : on a passé notre diplôme !

THAÏLANDE – A Koh Tao, on a passé notre Open water, premier niveau en plongée sous-marine, qui permet de descendre jusqu’à 18 mètres. Pour le prix (c’est ici que le diplôme coûte le moins cher) mais pas seulement. Allez, on vous raconte.

                                                                               
                                                                                                                                                                             © Images Tony Lowe

Qu’est-ce qu’on fout là ? Comment diable s’est-on retrouvé là, sous l’eau, une bouteille d’air fixée dans le dos, à près de 20 mètres de profondeur ? Hé bien vous savez quoi : complètement par hasard. C’est complètement par hasard qu’on a fait de la plongée à Koh Tao. 
Déjà, on a débarqué là un peu au pif, à la suite d’un trajet zombifiant (lire notre article Prendre le train en Thaïlande). On a pioché sur la carte. Elle avait l’air chouette, cette petite île. Belles plages, paraît-il. Eau limpide. Et peut-être moins qu’ailleurs de ces braves festifs, tout en débardeurs et tatouages. Vous savez, ceux qui se relaient des quatre coins du monde – occidental – pour venir changer le sud de la Thaïlande en un bête club de vacances dans lequel l’happy hour est perpétuelle. Pas trop notre truc.

Lire notre article : Visiter Koh Tao : bons plans et conseils

Pour passer son diplôme de plongée c’est ici ! 

Koh Tao, donc, est (un peu) différente. Koh Tao, c’est aussi un peu un Disneyland, mais d’un autre genre : celui de la plongée sous-marine. Des centaines et des centaines de personnes y embarquent chaque jour pour se jeter, non pas à l’eau, mais sous l’eau. Il s’y délivre chaque année plus de diplômes Open Water (lire notre encadré ci-dessous) que n’importe où ailleurs sur la planète. Près de 70 écoles de plongées y ont pignon sur rue, certaines tentent d’ailleurs de vous recruter avant même votre arrivée, dans le bateau qui effectue la traversée depuis le continent.

LE DIPLOME “OPEN WATER”, QU’EST-CE QUE C’EST ?
C’est une certification que délivre Padi, la plus importante organisation de plongée dans le monde. Ce premier niveau, reconnu internationalement, permet de plonger à une profondeur maximale de 18 mètres avec un moniteur (ou en autonome avec un binôme, dans certains pays). Nous l’avons obtenu en trois jours et demi. D’abord en regardant plusieurs vidéos et en travaillant sur un livre fourni par notre école de plongée. Une partie théorique renforcée par deux séances avec notre instructeur, avant un examen sous forme de QCM (50 questions). Suivent des exercices pratiques sur l’utilisation de l’équipement, en milieu protégé, puis une série de quatre plongées en milieu ouvert les deux derniers jours : deux à 12 mètres et deux à 18 mètres.
Les conditions : savoir nager (ben oui), avoir plus de 10 ans (on trouve ça jeune, nous) et être en bonne santé. À Koh Tao, on ne vous demande pas de certificat médical, l’endroit est d’ailleurs parfois critiqué pour cela.

 

Ces rabatteurs ont aussi essayé avec nous, bien sûr. “Non non, merci, nous on vient juste pour se reposer et peut-être faire un peu de snorkelling.” C’est ce qu’on a répondu. Mais voilà, une fois sur place, tel Jacques Mayol face au regard enamouré du marsouin blanc, on n’a pas su résister. On a plongé. Faut dire quà Koh Tao, la tentation est partout. Faut dire aussi qu’on avait une petite cagnotte de côté : celle glissée dans une urne par nos potes, lors de notre soirée d’au-revoir avant de partir en tour du monde (MERCI les amis !). Voilà un beau moyen de l’utiliser ; et tant pis pour l’argent que Mathieu gardait de côté pour se faire, en Nouvelle-Zélande, un tatouage maori sur le visage (*).

Thaïlande, Koh Tao, plongée sous-marine

Au fait, pourquoi c’est ici, à Koh Tao, que des milliers de novices s’initient chaque année à la plongée ? D’abord, parce que l’eau est toujours chaude ; 30° constatés à 12 mètres de fond lors de notre deuxième plongée, c’est plutôt confort (surtout comparé à la douche de notre premier bungalow). Ensuite parce que l’eau est toujours claire ; ben oui, c’est quand même plus sympa que dans le Gange. Parce que les sites de plongées sont assez proches de la côte, qu’ils sont beaux et qu’ils conviennent très bien aux débutants (il n’y a pas de courants, par exemple). Enfin, tout ceci entraînant cela, la terrible concurrence qui fait rage entre les différentes écoles fait que les prix y seraient les moins chers du monde.
Nous avons payé notre Open water 9 200 baths par personne avec trois nuits incluses (soit 230 euros). A titre de comparaison, en France, cela coûte autour de 400 euros. Un low cost qui est parfois critiqué en terme de sécurité. Notre conseil : à Koh Tao, choisissez un instructeur de plongée qui a de la bouteille !

Quel centre de plongée à Koh Tao ?

Reste à trouver le bon centre, sur l’île. On aimerait vous dire qu’on a bien bossé la question. Mais non, on marchait sur la plage de Sairee, on a vu un petit panneau et c’est comme ça, encore parfaitement par hasard donc, qu’on a poussé la porte de Scuba Shack (lire l’encadré ci-dessous). Avant, on s’était tout de même renseigné dans deux autres écoles, qui ne nous avaient pas forcément emballés. Ici, le boss, Stéfan, un Allemand qui cause anglais en dé-com-po-sant bien toutes les syllabes, a su nous mettre en confiance. Il a pris le temps de nous expliquer toute la formation en détails et nous a offert, en plus d’un prix compétitif, l’assurance d’avoir un instructeur francophone. Ce à quoi on tenait pour bien tout piger, notamment quand ça devient technique.

SCUBA SHACK, LE LOGEMENT COMPRIS DANS LE PRIX
Le centre Scuba Shack, géré par Stefan, un Allemand marié à une locale, se trouve dans l’enceinte du Sairee hut resort, du côté nord de la plage de Sairee. Outre les prix attractifs (nous avons donc payé chacun notre Open water 9 200 baths chacun, avec trois nuits comprises en bungalow), il garantit l’assurance de petits groupes de formation, avec quatre personnes maximum, et d’instructeurs dans à peu près toutes les langues. Possibilité de s’inscrire à une formation et de la débuter dès le lendemain ! Équipement en bon état, équipe très sympa, d’après notre expérience. On conseille ce centre de plongée.
Contact : www.scubashackkohtao.com

 

Et voilà donc comment on est tombé sur David (prononcez Daïvid), un Canadien… anglophone aux faux airs de Lance Armstrong, pendant que David (prononcez David), un Français essentiellement francophone se retrouvait lui à encadrer deux Allemandes anglophones. Va comprendre. Peu importe : notre Daïvid à nous, qui de toute façon parle aussi très bien la langue de Francis Lalanne, s’est révélé être un instructeur idéal. Sérieux, rassurant, attentif. C’est ce qu’on souhaitait car, l’un comme l’autre, on traînait quand même quelques appréhensions à l’idée de passer du statut de terrien à celui de corps subaquatique.
Surtout, notre Canadien a développé une méthode d’enseignement révolutionnaire, dite de “l’amende de bière“. En quoi ça consiste ? Si tu commets un erreur, dans la préparation de ton équipement par exemple, tu lui paies une bière le soir. Simple. Pédagogique. Efficace. Bien des inspecteurs d’académie pourraient s’en inspirer.

Se détendre, inspirer et expirer

RAS pour la théorie : on s’est tiré de l’examen, un QCM de 50 questions, haut la main. Bon, apparemment tout le monde réussit : ce n’est pas très compliqué, à condition d’avoir un peu regardé le bouquin et/ou les vidéos qu’on vous fournit. Mise à l’eau dès la première après-midi à Japanese Garden, un banc de sable entre deux petites îles qui descend en pente très douce. Un endroit magnifique (quand d’autres écoles font répéter les premiers exercices en piscine). L’occasion de constater que non, ce n’est pas difficile de respirer sous l’eau, dans un détendeur. Il faut juste… se détendre, inspirer et expirer un peu plus profondément qu’à l’accoutumée. L’occasion aussi d’apprendre à récupérer ledit détendeur si jamais il s’échappe de votre bouche, à utiliser le détendeur de secours (le vôtre ou celui de votre binôme) ou à vider votre masque sous l’eau si celui-ci se remplit. Tout cela est très facile, promis.

Thaïlande, Koh Tao, plongée sous-marine

Deuxième jour de formation. Au menu, deux descentes jusqu’à 12 mètres : une à Japanese Garden, l’autre à Twins. Les premières vraies plongées pour nous. On met en pratique les méthodes d’égalisation de l’air : pour éviter d’avoir les tympans qui sifflent, il suffit d’expirer par le nez, doucement, en le bouchant. Comme dans l’avion. Alors, les oreilles ? À condition de descendre lentement et de bien égaliser petit à petit, on ne sent rien du tout ! On apprend à gérer le stress. On répète aussi les exercices appris la veille et surtout, on commence à voir de la poiscaille. Tiens, un poisson clown (oh, Nemo !) au-dessus de sa petite anémone de mer.

Troisième et dernier jour. Le jour de la certification. Départ à 5 heures du matin pour deux plongées à 18 mètres, la première à Southwest, la seconde à Shark Island. Il y a encore quelques petits exercices à réaliser. Mais surtout, au total, près d’une heure et demie passée hors du temps, dans un univers totalement inconnu, au milieu des coraux, avec des mérous, des murènes, des raies…

Oui, on s’est retrouvé là par hasard, et c’est vrai qu’il fait bien les choses, le hasard. Il nous a offert une expérience inédite et géniale, aux airs de promesse. Car c’est certain, on replongera (et on a replongé en Nouvelle-Calédonie !).

(*) PS : Ah, au fait, le tatouage maori sur le visage, c’est une blague, maman.

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3 replies »

  1. Salut les fishman ! Sympa ce petit article, j’avais en tête de passer le brevet éventuellement mais avec votre vidéo, je pense que je ne vais pas hésiter à me mettre à l’eau :p. Bonne exploration dans les profondeurs marines !
    PS : la vidéo sous l’eau est faite à partir de quel appareil car la qualité est juste sublime !

    • Salut Benjamin !
      Les images sont en effet magnifiques… et c’est parce qu’elles ont été faites par un professionnel. Avec du matériel pro “of course”, on pourra pas te dire exactement lequel. Chaque club de plongée sur l’île à son plongeur-photographe qui accompagne les groupes. Voilà pour les précisions 🙂

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