Asie

Que faire à Oulan-Bator ?

MONGOLIE – Ilot de modernité sans charme, la capitale ne ressemble pas à son pays. Elle est bruyante, polluée, bordélique. Mais allez, on a tout de même trouvé quelques sites qui valent un rapide coup d’oeil. Visite guidée.

Mongolie, Oulan Bator, Gandan Khiid

En Mongolie, il y a Oulan-Bator et puis le reste. Le reste ? Des paysages fantastiques, désertiques. Des gens accueillants, bienveillants. Un mode de vie sans manières, austère.
Oulan-Bator ? La capitale d’un pays, celui qui a la plus faible densité de population au monde, auquel elle ne ressemble pas, auquel elle ne ressemble plus. Plus d’1,13 million d’habitants au dernier recensement en 2010 ; mais l’arrivée de centaines de milliers de personnes chaque année (500 000 rien qu’en 2011), poussées par l’exode rural.

“UB”, comme l’appelent eux-mêmes les Mongols, est classée seconde ville la plus polluée de la planète par l’OMS. Elle est sale, elle est bruyante. La circulation automobile – malgré un taux impressionnant de véhicules hybrides – y est étouffante. Et dangereuse ! Pas de pitié : ici, le statut de piéton est à peu près aussi safe que celui de surfeur hémophile à la Réunion. Les tours en construction strient le ciel du centre-ville, les “bidonvilles” de yourtes et de cabanes s’étalent sur des kilomètres en périphérie.

En avion, train ou bus

Mais Oulan-Bator, pour le voyageur qui fait halte en Mongolie, est inévitable. Parce que c’est là qu’il débarque lorsqu’il arrive de l’étranger, en avion, train ou bus. Parce que la capitale constitue le noeud de tous les transports en interne : quitte à faire le double de distance, pas le choix, il faut souvent repasser par UB pour aller d’un point A à un point B. Mais aussi parce que c’est d’ici que s’organisent les chouettes expéditions vers les campagnes, à la rencontre des nomades (patience, bientôt l’article sur notre tour dans le désert de Gobi et le centre du pays).

Comme beaucoup de voyageurs, on a passé un peu trop de temps, à notre goût, à UB. D’abord trois jours, pour boucler notre demande de visas chinois et négocier une expédition, puis quatre autres en rentrant du désert de Gobi, en attendant le train bi-hebdomadaire vers Pékin. Alors on s’est lancé à la découverte de la ville, par petites touches.

Genghis Khan, vedette locale

Le site phare : la place Genghis Khan (c’est la vedette locale) au bout de laquelle se dresse le Parlement. Une statue équestre au centre, du vide autour – c’est rare à Oulan-Bator-, pas de quoi s’enthousiasmer outre-mesure. Le lieu revêt toutefois une importance historique, c’est ici que les manifestations anti-communistes se sont enchainées au début des années 90, jusqu’à l’avènement de la démocratie.

Mongolie, Oulan Bator, soldatA quelques hectomètres, le Musée national de Mongolie. 5 000 tugriks l’entrée par personne (2,3 euros) ; 10 000 tugriks pour avoir le droit de faire des photos (on a hésité, on a payé, pour tomber en rade de batterie quelques minutes plus tard ; de toute façon, ça ne vaut pas le coup). L’endroit idéal pour découvrir l’histoire du pays, du silex au panneau solaire, via l’incroyable pouvoir des Khans. Car le saviez-vous, Gengis et ses sympathiques collègues avaient fondé, grâce à une utilisation savante et généreuse du découpage d’ennemis, le plus grand empire qui n’a jamais existé ? De la Méditerranée au Pacifique : ceux d’Alexandre, des Romains et autre Napoléon ont l’air de chambres de bonnes à côté. Notre vitrine favorite : celle qui rassemble les costumes de toutes les nombreuses ethnies du pays.

Le temps de saluer nos vieux potes John, Paul, Georges et Ringo au monument de Beatles square (importés illégalement dans les années 70, les disques des Fab Four inspiraient la jeunesse locale), face au gigantesque Departement store, et on se dirige vers Gandan Khiid, le plus grand monastère bouddhique de la ville. Et le plus important du pays, paraît-il. Une bonne vingtaine de minutes de marche vers l’ouest, depuis le centre, nous suffisent à quitter tours, avenues et trottoirs pour trouver une Oulan-Bator de chemins de terre et de modestes baraques. En haut d’une colline, le temple principal Mejid-Jansaireg Süm (4000 tugriks, 1,8 euro) dissimule une statue recouverte d’or d’un bouddha de 26 mètres de hauteur ! Face à elle, la ferveur des visiteurs est émouvante. Et contagieuse.

OÙ DORMIR ?
Où dormir ? Il fallait en choisir une… Les guesthouses ne manquent pas à Oulan-Bator. Nous avons choisi la Khongor, parmi les plus importantes de la ville. Très bien située, elle est à deux pas du Department Store (prenez vers l’ouest, c’est la deuxième droite) sur Peace avenue. A notre arrivée, le deuxième étage était en travaux, ça promet donc des piaules rénovées. Dortoirs ou chambres doubles, vous avez le choix. Petit conseil : demandez à voir plusieurs chambres, certaines sont plus grandes que d’autres. Pour une double, le prix affiché est de 18 dollars la nuit (16 euros). Nous avons négocié facilement à 30 000 tugriks (13,7 euros). Le matin, pain et confiture à disposition. C’est également par l’intermédiaire de cette guesthouse que nous sommes partis 9 jours à la rencontre des familles nomades. 


Au Black Market, tout pour construire sa yourte

A part ça ? Ah oui, grâce au bon réseau de bus de la ville (500 tugriks, 20 cts le trajet), on est aussi allé jusqu’au marché Naran Tuul, surnommé Black market, à plusieurs kilomètres du centre. Soyolo, le gentil patron de notre guesthouse, nous avait déja mis en garde à plusieurs reprises contre les pickpockets d’UB. D’ailleurs, plusieurs messages de mise en garde sont affichés dans ses couloirs. Quand on lui demande le numéro du bus qui va au Black market, là, l’avertissement devient alarme. “Be careful !” Les vols y sont nombreux ; d’ailleurs, pas mal de blogueurs voyage ont laissé un peu d’eux-mêmes dans ces allées (n’est-ce pas World in progress ? ;-)). Rien dans les poches, si ce n’est quelques dizaines de milliers de tugriks (une trentaine d’euros, quoi), on part à la découverte  de l’un des plus gros marchés d’Asie. Ce qui n’est pas rien, convenez-en.

Si c’est la cohue le week-end, en début de semaine, il n’y a pas foule (et donc, les pickpockets ont du mal à bosser ; désolé les gars, faudra dépouiller d’autres voyageurs). Pour qui souhaite se faire fabriquer un del, tenue traditionnelle mongole – vous savez, avec les looongues manches -, le choix de tissus est infini. On y trouve aussi tout ce qu’il faut pour bâtir ou aménager sa yourte de facon cosy, meubles oranges et petits temples rococos à volonté. Selles, brides ou étriers : les amateurs de canassons sont servis. Ah oui, c’est en même temps une sorte de paradis de la botte, de tous types et coloris, sur des centaines de mètres linéaires. Pacotille, lunettes de soleil, habits et sacs à main de contrefacon : sinon, les classiques sont là aussi.

Et puis voilà. On a fait à peu près le tour, apparemment. En bref, selon nous, rien qui ne mérite de s’attarder plus que de besoin à Oulan-Bator, une cité sans véritable charme. La Mongolie, celle qu’on a vraiment aimé, commence là où la ville disparaît. Quand le bruit s’arrête. Et que le silence des paysages déserts devient assourdissant. 

QUOI MANGER EN MONGOLIE ? DU MOUTON, ENCORE DU MOUTON… 
Où dormir ? Vous venez d’arriver en Mongolie, vous avez envie de tester la gastronomie locale ? On vous donne une petite adresse, très bon marché pour goûter buzz (raviolis au mouton), khuushuur (chaussons frits au mouton) ou du guriltei shuul, une soupe de pâtes… au mouton, à faire mijoter soi-même. Au nord ouest de la place Gengis Khan, sur Baga Toiruu (ouest), la cantine Mongol national Khuusshuur et Buuz propose du local et du vrai. Pour un repas copieux à deux (deux salades, trois khuusshuurs et une guriltei shuul), nous avons payer 9 500 tugriks, 4,3 euros. Imbattable. 

Overdose de mouton ?
Du mouton, il y en a sur toutes les tables. A la campagne, vous n’arriverez pas à l’éviter. Envie (besoin) de changer ? La carte végétarienne de Loving Hut, sur Tourist street (Juulchin Gudmj) propose des assiettes (burgers, riz, légumes) saines et plus raffinées que la traditionnelle cuisine mongole. Et pour des prix bon marché : les plats sont en moyenne à 7 000 tugriks (3,2 euros).
Plus exotique, la petite cantine sud-coréenne sur Beatles square (au bout de la place, à l’opposé du Department Store, côté droit ; il en existe deux côte à côte, on a testé celle à la plus petite devanture). Attention, beaucoup de plats (entre 14 000 et 20 000 tugriks ; 6,4 à 9,1 euros) sont pour deux personnes. Et c’est très copieux : en plus de votre plat (bien épicé), vous aurez du riz, de la soupe et un assortiment de petites entrées. Miam !

 

6 replies »

  1. Coucou Elo & Mat !

    D’abord bravo pour l’article ! Un bon concentré d’UB 😀
    J’en reviens pas qu’après presqu’un an vous vous rappeliez de ma petite anecdote du Black Market. Personne n’a essayé de vous revendre un portefeuille par hasard ? ahah

    En tout cas profitez bien du reste de la Mongolie. Mes 8 jours à cheval restent un moment épique de ce tour du monde ! Si vous avez besoin de contact faites moi signe !

    Bon voyage
    Anthony & Pauline

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