Asie

Qu’est-ce qu’on mange en Chine ?

CHINE – Pendant un mois, on a découvert les saveurs de la gastronomie chinoise. Parfois très éloignées de ce que l’on mange dans nos restos qu’on dit “chinois” en France.

Chine, gastronomie

“Qui suis-je ? Où vais-je ? Qu’est-ce qu’on mange à midi ?”
José Arthur

“Je voudrais rassurer les peuples qui meurent de faim dans le monde : ici, on mange pour vous.”
Coluche

Après la Mongolie et son menu peu varié (mouton, mouton ou mouton), on en rêvait. “Deux rouleaux de printemps et un porc sauce aigre douce, s’il vous plaît !”… Sauf que notre première approche de la gastronomie chinoise ne s’est pas tout à fait passée comme on l’imaginait. Exit les rouleaux de printemps bien frais (il y a bien des spring rolls, mais ils sont frits la plupart du temps) et introuvable le porc sauce aigre douce. Et pas de nems, bien sûr : c’est un met VIETNAMIEN, rappelons-le. Première leçon, donc : oubliez votre petit “chinois” de quartier, il ne ressemble en rien à ce qu’a à offrir la Chine. Et c’est tant mieux.

Préambule : avant de rentrer dans le détail des assiettes… Chine, gastronomieil nous a fallu apprivoiser nos baguettes, pas de fourchette ni de couteau en Asie. Et croyez le ou non, après quelques heures d’entraînements, il nous a vite paru inconcevable de manger riz et autres spécialités asiatiques sans nos deux bâtonnets !

Première grosse surprise gustative : le piment. C’est l’une des bases de la cuisine chinoise. Particulièrement dans la région de Beijing et du Sichuan (d’ailleurs réputée pour ça). Et après plus d’un mois de betteraves, choux et autre plats au mouton, le piment a réveillé nos papilles ! Piment vert ou rouge, il est cuisiné à toutes les sauces. Un conseil : ne répondez pas “yes” à la question “spicy?”, c’est risqué. Précisez plutôt que vous préférez vos plats moins pimentés. Ils le seront déjà bien assez.

La base de tout repas : nouilles ou riz. Nouilles au nord, riz au sud, si on devait généraliser. Si le riz est généralement un plat de partage, les nouilles sont parfaites pour un repas pressé, dans la rue, en solitaire. Les petits bouis-bouis de carrefour offrent de surprenantes assiettes de pâtes avec trois fois rien. Les plats sont généralement copieux et à des prix défiants toute concurrence (à partir de 5 yuans ; 0,70 euro).

Parlons de nouilles…. Elles sont indétronables en matière de repas à emporter. Pas de sandwich en Chine, mais des dizaines de marques de nouilles instantanées dans les rayons des supermarchés. Ces bols de pâtes, aromatisés à la viande, parfois même agrémentés avec un oeuf dur, ne nécessitent qu’un peu d’eau chaude et sont prêts en 5 minutes. Un Chinois emporte toujours plusieurs paquets de nouilles instantanées pour un long trajet en train. Une dose pour le petit-déjeuner, une autre pour le déjeuner, une dernière pour le dîner. Il ne s’en lasse pas. Après un mois en Chine, nous, on en avait un peu marre… Surtout qu’on avait déjà donné à bord du transsibérien.

Chine, gastronomie

De la viande en tout genre, des légumes à toutes les sauces et des spécialités locales. Si en France, les restaurants proposant trop de choix ne sont généralement pas synonymes de fraîcheur, en Chine, la pratique est toute autre. Un restaurant affiche plusieurs dizaines de plats et pour aider les clients, beaucoup sont généralement en photos (sur la carte ou directement sur le mur du restaurant). Lorsque le menu n’est pas en anglais (70 % des cas), vous pouvez donc choisir l’image qu’il vous plait. Attention, il n’est pas toujours facile de savoir de quelle viande il s’agit. Surtout quand l’on sait que les Chinois mangent facilement poulet, boeuf, porc ou mouton et toutes les parties de l’animal (ils sont friands d’intestins, entre autres…). 
Et si vous hésitez sur les photos, vous pouvez toujours loucher sur les tables voisines et commander la même chose. En un mois en Chine, on a qu’une seule fois vraiment pas apprécié le plat commandé. Une viande dont on a jamais pu définir l’origine. Exception faite de ce cas, on n’a jamais été totalement déçus de nos expériences culinaires. 

Spécialités. Si les Pékinois sont fiers de leur canard laqué, les autres régions ont elles aussi leurs plats. Quelques exemples : boeuf en tranche (qui ressemblerait à un roti français froid)  et Kao lau lau (des pâtes coupées de façon originale trempées dans une sauce) à Pingyao

Le “hot pot” (fondue) du Sichuan : un bouillon aromatisé et (bien) pimenté qui cuit devant vous et que vous agrémentez avec tous les ingrédients que vous choisissez.

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Les brochettes : à X’ian, dans le quartier musulman en particulier, des brochettes de viandes à foison.

Quelques bizarreries. Bon on vous a déjà parlé des scorpions et autres insectes. Il faut quand même préciser que leur consommation reste marginale en Chine. Quant au chien, nous n’avons pas croisé de restaurants qui proposaient l’animal à la carte. Il s’agirait d’un met relativement cher, proposé par des restaurants plutôt haut de gamme, et plus particulièrement dans la région de Canton. Si jamais vous vouliez tenter l’expérience… D’autres plats moins risqués restent une énigme : comme ces espèces de pâtes gélifiées pimentées.

Chine, gastronomie

La grande diversité des plats (on a pas eu le temps de tout goûté !) n’empêche pas deux ingrédients de mettre tout le monde d’accord en Chine. Le premier : le fameux tofu, ce cube blanc fabriqué à base de lait végétal fermenté. Qui, nature laisse indifférent et révèle étonnamment sa saveur quand il est bien assaisonné. Et le deuxième : l’huile ! Car si les plats chinois sont savoureux et variés, ils restent néanmoins souvent très gras ! Salades, pâtes, soupes… Tout est fait à base d’huile, de beaucoup d’huile. 

Avec l’art (des baguettes) mais sans la manière… Bon vous avez compris, on a adoré manger chinois. Choisir tous les jours un nouveau plat à essayer ; identifier ce qui se trouve dans notre assiette ; résister aux effluves du piment… Mais il a quand même un petit point sur lequel on a eu du mal à adopter la manière chinoise. 

Un Chinois à table : – mâche bruyamment
                                     – aspire sa soupe bruyamment
                                     – boit bruyamment
                                     – jette les déchets de table par terre

 Mais surtout, un Chinois à table ne finit jamais ses plats. On ne parle pas de la petit boulette qui reste au fond de l’assiette quand on n’a plus faim. Non ! Là, il s’agit d’assiettes à peine entamées, de boissons tout juste ouvertes… Bref un gâchis énorme auquel on a eu du mal à se faire. Cette nécessité de commander en abondance pour montrer qu’on peu se le permettre et en laisser les trois-quarts, désolé, on n’y arrive pas ! Nous, on est plutôt du genre à tout finir.

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6 replies »

    • Bonjour Michel. On ne peut bien sûr pas dire que les produits laitiers sont inexistants en Chine. Au contraire, la consommation de lait serait à la hausse. Sauf que les produits laitiers ont été réintroduit dans les habitudes alimentaires de la Chine dans les années 80 avec l’ouverture du pays. Donc si les yaourts sont désormais facilement consommés, les fromages (notamment ceux qui ont du goût) ne font pas encore partie des ces produits là. Et puis, la cuisine chinoise se passe très bien de crème, beurre et autres laitages dans la conception de ses plats.
      On n’est pas des spécialistes de la question. Mais clairement le Chinois moyen n’est pas un gros consommateur de produits laitiers. Les seuls supermarchés proposant plusieurs choix de fromages sont ceux des quartiers riches, ou ceux des expats. 🙂

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