Pérou

Visiter Cusco et la Vallée sacrée, merveilles du génie inca

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PÉROU – Il y a déjà beaucoup à voir et à faire à Cusco… La ville est surtout la porte d’entrée vers la visite des sites incroyables de la Vallée sacrée et le Machu Picchu.

Pérou, Cusco, plaza de Armas

Cusco, c’est le passage obligé de tout voyage au Pérou. Parce que la visite de la ville en elle-même, déjà, est incontournable. Mais surtout, parce que l’ancienne capitale des Incas est la porte vers le mythique Machu Picchu, quel que soit le moyen choisi pour y aller. Mais aussi vers la Vallée sacrée des Incas et ces merveilles.

Visiter Cusco, profiter de la ville et puis partir à la découverte de la Vallée sacrée : la carte, notre itinéraire et notre récit.

Que faire à Cusco : les incontournables

Cusco était “le nombril du monde”, c’est ce que signifie son nom. On s’attendait à une cité étouffée par l’afflux touristique, ce n’est pas forcément le cas. Le centre de l’ancienne capitale (300 000 habitants) est même carrément agréable. Et sa visite mérite une paire de jours. Suivez le guide !

Quoi voir à Cusco ? Les restes d’une civilisation fascinante ! Partout, amusez-vous à repérer, sous les maisons coloniales, les fondations incas.

La plaza de Armas constitue, comme dans les autres villes péruviennes, le cœur de la cité. Sauf qu’ici, elle est bien plus belle et plaisante qu’ailleurs (celle d’Arequipa est pas mal non plus, c’est vrai).

Bâtie sur l’ancien espace cérémonial inca, c’est ici que fut écartelé le révolté Túpac Amaru II : on a assisté aux célébrations annuelles de cet événement clé dans l’histoire de la conquête. Cuzco a toujours gardé cette identité rebelle, aujourd’hui à l’encontre du pouvoir centrale de Lima. Deux églises qui se font face, des arcades de chaque côté sous les belles bâtisses coloniales, des bancs ombragés autour de la fontaine centrale : on s’attarde facilement sur la Plaza de Armas.

Où trouver la pierre à 12 angles ?

Les locaux vous le recommandent, c’est vrai que le quartier San Blas, avec ses charmantes ruelles pentues, mérite le détour. Au nord du centre-ville de Cusco c’est le quartier bohème de Cusco, avec ses boutiques et ses bars branchés.

Pour y aller, il faut passer par la rue Hatun Rumiyoc, celle où se trouve la légendaire pierre à 12 angles.
La pierre est visible dans la ruelle Hatun Rumiyoc, qui se situe dans l’axe de la rue Triunfo à l’angle nord est de la Plaza de Armas, à Cusco.

Pérou, Cusco, pierre aux 12 angles

C’est à elle seule le symbole du génie inca. Une pierre colossale, de plusieurs tonnes, qui comporte pas moins de 12 angles. Des angles tous différents, saillants ou rentrants, qui s’enchevêtrent parfaitement avec toutes les pierres autours. Toutes les faces sont incroyablement jointoyées, si bien qu’il est impossible de glisser une feuille de papier entre elles.

Ainsi bâtissaient les Incas, sans ciment ni mortier. Toutes n’ont pas douze angles, mais la ruelle Hatun Rumiyoc à Cusco, dans laquelle se trouve cette merveille de technique (et de mystère) est bordée sur sa longueur par un mur de pierres taillées et ajustées entre elles de la même manière. Aujourd’hui enceinte du musée de l’art religieux, cette paroi appartenait initialement au palais d’Inca Roca, le sixième souverain de l’empire.

Les vestiges de l’empire Inca

Dans tout le centre-ville de Cusco, les bâtiments reposent sur des fondations incas. Des murs qui ont résisté à tous les tremblements de terre, au fil des siècles, quand les maisons coloniales ou les églises s’effondraient. Les différents sites de la Vallée sacrée comportent aussi des dizaines de ces murs dits polygonaux.

Comment les pierres étaient-elles taillées ? Comment étaient-elles transportées (ni engins, ni grues, évidemment, à l’époque) ? Et enfin, comment étaient-elles si admirablement assujetties les unes aux autres, sachant qu’il fallait sans doute des dizaines de manipulations pour obtenir l’ajustement parfait ? Le mystère reste entier (parce que l’explication avec les extraterrestres tout ça, on a du mal).

OÙ MANGER, OÙ DORMIR À CUSCO
Pérou, Cusco
Où manger ? Notre conseil : à Cusco, filez au marché. Le mercado San Pedro
, au sud de la plaza San Francisco (à une dizaine de minutes à pied de la plaza de Armas) a conservé son authenticité. Après les dizaines de stands d’artisanat, place à la gastronomie : traversez les étals de fruits et légumes à gogo, de viandes en tout genre (il y aurait même du chien ou des “jus de grenouille”) pour tomber, tout au fond, sur les petits restaurants. On y mange sur le comptoir, ou sur ses genoux quand il n’y a plus de place, des menus à 5 soles (1,35 euros, qui dit mieux). Ah oui : estomacs sensibles s’abstenir.
Où dormir ? Cette fois, l’adresse que l’on partage n’entre pas dans la catégorie petit budget. Mais pour le prix qu’elle affiche, la Posada de Atahualpa (calle Atahualpa 405 A) est plus que correcte. On a aimé ses deux patios aménagés, ses chambres confortables et ses petits-déjeuners copieux et variés. L’hôtel n’est pas situé dans le centre-ville de Cusco à proprement parlé mais on peut le rejoindre à pied en moins de 20 minutes. Tarifs : 143 NS la nuit soit 38,60 euros.

Visiter la Vallée sacrée des Incas : la carte et les plus beaux sites

Pérou, Vallée sacrée

L’empire Inca. La plus célèbre des civilisations précolombiennes a laissé des réalisations fascinantes autour de Cusco. Des temples, des palais ou des forteresses placées dans des endroits stratégiques (et souvent escarpés). Souvent édifiés avec des techniques qui n’ont toujours pas livrées tous leurs secrets.

Tout le monde connaît le Machu Picchu, la dernière des cités incas, découverte au XXe. Mais de nombreux autres sites, moins préservés (ceux-là, les Espagnols les avaient trouvées) sont disséminées aux alentours de la capitale Cusco, dans ce qu’on appelle la Vallée sacrée (carte ci-dessus). En autonomie, à bord de notre mini-van (lire aussi Conduire au Pérou, c’est chaud !), on est partis à l’assaut de ces merveilles.

FAUT-IL ACHETER LE BOLETO TURISTICO ?
Pour visiter les sites de Cusco et de sa région, tout le monde vous parlera du boleto turistico. Ce billet combiné à 130 NS (35 euros) offre l’accès à 16 sites sur la ville et la Vallée sacrée, pendant 10 jours (mais pas le Machu Picchu, hein). Il vous permettra notamment d’assister à un spectacles de danses et de musiques traditionnelles au Centro Qosqo de Arte Nativo.
Une façon comme une autre de rentabiliser le billet. On l’a pris. Mais pour nous, il n’a pas été rentable. Calculez bien les sites que vous envisagez visitez et vérifiez qu’ils soient bien dans la liste. Le boleto partial (4 sites) peut souvent suffire.

Les ruines de Pisac : merveille de la Vallée sacrée

Pérou, Vallée sacrée, Pisac

Pisac, c’est l’un des plus beaux sites de la Vallée sacrée. Perchées à 3250 m d’altitude, à 8 km du village niché en contrebas sur les rives du río Urubamba, les ruines de Pisac révèlent la toute puissance des Incas sur la région. Erigées pour défendre l’entrée sud de la vallée, les constructions dominent 65 hectares de terrasses agricoles. Une partie d’entre elles est encore exploitées aujourd’hui.

Un chemin existe pour grimper à pied depuis le village de Pisac (ne ratez surtout pas l’immense marché qui se tient chaque jour dans les ruelles et sur la grande place). On profite de notre voiture pour atteindre le parking chaotique de l’entrée. Des bus par dizaines déposent leurs groupes et se garent en contrebas sur la route. Il y a du monde, beaucoup de monde. Mais le site en vaut la peine. Le panorama est extraordinaire. Le patchwork de cultures en terrasses est saisissant. Un des quartiers les plus hauts perchés demande un petit effort. Voilà la pluie qui s’amène. Chacun tente de s’abriter où il peut. Les vendeurs de ponchos font recette. Même avec tout ça, le site de Pisac reste majestueux.

Tarifs : l’entrée de Pisac fait partie du billet combiné (boleto turistico) comprenant 16 sites, valide 10 jours (lire l’encadré sur Cusco en bas de l’article) ou du boleto partial comprenant 4 sites sur la Vallée sacrée, surement un meilleur investissement.

Les salines de Maras

Pérou, Vallée sacrée, salines de Maras

Face au spectacle des Salines de Maras, ceux qui n’ont pas été prévenus auront du mal à le croire. En plein coeur de la cordillère des Andes, dans la Vallée sacrée, se cachent des salines incroyables datant de la période pré-inca. Utilisé par le peuple inca pour alimenter Cusco et une partie du Pérou en sel, le site compte 4 000 bassins de sel cristallisé taillés sur un versant escarpé, à 3300 m d’altitude. Le sel provient d’une source jaillissant de la montagne sous la forme d’un ruisseau saturé en chlorure de sodium. 700 à 800 familles y travaillent encore, entretenant ce savoir-faire ancestral. 150 à 200 tonnes de sel par an sont produites ici.

Le site ferme à 17 h30. À 17 h 15, on passe la porte d’entrée en croisant les doigts pour avoir le temps d’atteindre les bassins de sel. Sur place, les travailleurs plient leurs affaires, la journée est terminée. Les Salines de Maras sont vides. La lumière du soir se reflète dans l’eau salée. On profite du lieu sans touristes. Magique.

Tarifs : 10 NS soit 2,70 euros. Les salines ne font pas partie du boleto turistico. Elles sont situées à 13 km de Maras.

Moray, miracle agricole

Pérou, Vallée sacrée, Moray

Moray, c’est notre coup de cœur. Pour développer leur civilisation, les Incas auraient emprunté beaucoup de choses aux précédentes. Mais il y a deux points sur lesquels le peuple de Manco Capac était particulièrement en avance : l’architecture et l’agriculture. Moray en est l’exemple parfait, dans la Vallée sacrée. A quelques kilomètres à peine de Maras et de ses salines, le site découvert en 1930 regroupe trois amphithéâtres de terrasses incas aménagés dans de petits cirques naturels. Il s’agirait, selon les spécialistes, de centres de recherches agronomiques. Un ingénieux système qui permettait grâce à cette forme particulière de simuler une série de micro-climats, un dans chaque anneau concentrique. Incroyable, non ?

Le lieu ferme lui à 17 h 30. Cette fois, on est sûrs de ne pas entrer quand on arrive à 18 heures passés. Personne à l’entrée, on tente le coup. La lumière baisse. On arrive sur le parking, toujours personne. Voilà comment, on s’est retrouvé seuls au monde sur le site incroyable de Moray, en fin de journée ! Privilégiés.

Tarifs : le site fait partie du boleto turistico (130 NS, 35 euros) et du boleto partial (70 NS, 18,90 euros).

Le Machu Picchu

Pérou, Machu picchu

Vous en avez déjà entendu parler, non ? Forcément, c’est le site inca le plus connu au monde. Préservé des pilleurs colons (et des autres) au cœur des montagnes, le Machu Picchu est quasiment dans l’état qui était le sien au plus fort de l’empire. Magnifique. Incroyable.

On l’a visité après un trek de cinq jours, le Salkantay trek (tous les détails pratiques dans l’article). Un souvenir pour la vie.

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2 replies »

  1. Ça rappelle de beaux souvenirs. Je me souviens avoir adoré le site des Salinas et Sacsayhuaman pour ses immenses pierres taillées.
    De même ordre que le Machu Picchu, le site du Choquequirao est incroyable. Accessible en seulement 2 jours de marche, on tombe sur un site magnifique avec très peu de visiteurs.

  2. Un bel article et de belles photos qui nous font replonger dans cette belle région que je ne termine jamais de découvrir. Il y a tellement à voir dans le coin! 🙂
    Par contre j’apporterai une précision importante:
    “…Espagnols qui ont mis fin à leur civilisation en moins de 40 ans, avec leurs chevaux, leurs armes d’acier et leurs maladies contagieuses.” mais c’est beaucoup plus complexe que ça, il ne faut surtout pas oublier qu’à la base c’était parce qu’entre frères incas, ça voulait le pouvoir aussi, quitte à s’entretuer…ça a été crucial! 😉

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