Bolivie

L’Isla del Sol, une halte immanquable sur le lac Titicaca

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BOLIVIE – L’Isla del Sol, plus grande île du lac Titicaca offre des paysages splendides, à 4000 m d’altitude, tout au long d’une randonnée sur un sentier de crêtes. 

Bolivie, Isla del Sol, coucher de soleil depuis les hauteurs d'Yumani

Attention : le nord de l’Isla del Sol a été fermé aux touristes à partir de 2017 à la suite d’un conflit entre communautés. La partie nord devrait rouvrir, après un accord conclut en 2019. En 2020, donc ? Affaire à suivre. Mais le sud de l’Isla del Sol, lui, est toujours resté accessible.

Notre visite sur l’Isla del Sol, la plus grande île du lac Titicaca, en Bolivie, c’est d’abord un souvenir : celui d’un moment d’émerveillement. C’est arrivé sans prévenir. Assis sur des rochers, à 4000 m d’altitude, on vient de terminer notre avocat et nos empanadas, le pique-nique du jour, à mi-chemin de notre randonnée sur l’Isla del Sol.

Le ciel, infini. Sous nos pieds, l’île dégringole en terrasses jusqu’aux eaux du lac Titicaca, d’un bleu intense. Au loin, sur l’autre rive, la cordillère Royale déroule ses sommets enneigés. Somptueux. Magique. On est remué.

Et vous, vous avez aussi déjà été profondément ému par un paysage ?

L’Isla del Sol, sur le lac Titicaca : parmi nos plus beaux paysages

Et pourtant, en plein tour du monde, voilà déjà plus de sept mois qu’on voyage. On a marché sur un lac Baïkal pris par les glaces, on s’est retrouvés seuls sur la Grande Muraille de Chine. On a fait une croisière dans la baie d’Halong, passé trois jours au milieu des temples d’Angkor, etc., etc. Ou, plus récemment au Pérou, on a découvert le Machu Picchu. Pas mal, hein ?

De quoi être un peu blasés ? Pas du tout ! Pas face à ce spectacle, en tout cas, c’est impossible. L’Isla del Sol, la plus grande île du lac Titicaca, on classe sa visite au même niveau que celle des endroits suscités (avec le Salar d’Uyuni, ça, on va le découvrir bientôt). Moins réputée que ces autres sites majeurs, pour nous, c’est une merveille, vraiment. Elle est d’une beauté… solaire.

On avait déjà été charmés par le Titicaca, sur les îles côté péruvien (lire aussi Sur les îles du lac Titicaca). Mais si vous manquez de temps, si vous devez ne choisir qu’une escale sur le lac navigable le plus haut de la planète, faites-là en Bolivie (le passage de frontière n’est qu’une formalité). Sur l’Isla del Sol, cette île pelée où, selon la légende, seraient nés le fils et la fille du soleil, fondateurs de l’empire inca.

Moins de deux heures de bateau depuis Copacabana

Elle est facilement accessible depuis Copacabana (lire notre encadré ci-dessous), en une heure et demi de bateau. Départs tous les jours à 8 h 30 et 13 h 30 pour le village de Yumani, au sud de l’Isla del Sol (20 bolivianos, 2,65 euros). Ou deux heures jusqu’à Challampampa, au nord (25 bobs, 3,30 euros). On a réservé le bateau depuis notre hôtel, c’est le même prix que sur le port.

C’est au nord qu’on descend. Parce qu’il existe un sentier sur les crêtes, la biennommée “Route sacrée de l’éternité du soleil” (Ruta sagrada de la eternidad del sol, olé !),  qui permet de traverser toute l’île dans sa longueur et donc d’en profiter au maximum. Avant de se poser à Yumani, le village principal.

Randonnée sur les crêtes de l’Isla del Sol

Sept kilomètres au total, une fois accomplie la demi-heure de marche qui permet de rejoindre le chemin, très bien balisé, depuis le débarcadère. Attention, ce n’est pas si facile. Ce n’est pas vraiment plat et surtout, souvenez-vous, on est à près de 4000 mètres d’altitude.

Attention, ce n’est pas gratuit non plus. Vous êtes ici sur un itinéraire à péage ! À trois endroits, il faut s’acquitter de taxes, respectivement de 15, 10 et 5 bolivianos (2, 1,30 et 0,66 euros). Désagréable. Mais on a pris le temps de parler avec les “péagistes” – ils ont apprécié, d’ailleurs – qui vous donne des tickets aux airs tout à fait officiels. L’argent récolté servirait aux deux communautés qui peuplent l’Isla del Sol. Il serait investi pour les équipements, en terme d’éducation de santé… Soit.

Reste le sentier de randonnée. Prévoyez de l’eau, un couvre-chef (il n’y a pas une once d’ombre) et… profitez. Les paysages tout au long des trois ou quatre heures de rtrek (en marchant tranquillou, pauses comprises) sont vraiment uniques et extraordinaires. On vous montre.

Où dormir, où manger à Yumani, au sud de l’île

À Yumani, au sud de l’île, les endroits où dormir ne manquent pas (il est d’ailleurs possible de camper, si vous avez votre matériel). Si vous n’avez pas réservé et que vous pensez faire le tour des hôtels, gare, le village est très escarpé et sorti de la rue principale, il est difficile de s’y repérer.

On pose nos sacs à Inca Pacha (près de l’église, c’est la seule indication qu’on avait, on eu du mal à localiser l’endroit), auberge de jeunesse tenue par une vieille dame très couleur locale. Simple, confort minimum mais propre (70 bobs la double, 9,30 euros). Après le coucher de soleil au sommet de la colline, on se met en quête d’un restaurant. Quand soudain, quelqu’un nous interpelle ! Kirsty et Will, nos Écossais préférés (on les a rencontré sur le trek du Salkantay, on va bientôt se lancer ensemble sur la Route de la mort). On savait qu’ils étaient aussi sur l’île, mais sans wifi ni téléphone, ici, on ne se donne pas facilement rendez-vous. Ils sont déjà attablés devant une bière et une truite.

La truite du lac Titicaca

Ah oui, un mot sur la truite du Titicaca à la plancha que Mathieu a commandé : peut-être la meilleure qu’il a mangé de sa vie tout simplement (40 bolivianos, 5,30 le plat, au restaurant Inti Jalanta qui offre une belle vue, tout en haut du village). Si vous allez sur l’Isla del Sol et que vous mangez autre chose que ça, on ne se connaît pas.

Départ le lendemain (déjà) à 10h30 en bateau pour Copacabana, une traversée enchaînée avec un trajet en bus jusqu’à La Paz, la capitale des Andes. Notre prochaine étape. Avec un souvenir ancré pour longtemps : celui de ce moment d’émerveillement, sur l’Isla del Sol.

VISITER COPACABANA… EN BOLIVIE
Forcément, vous connaissez déjà la plage, sans doute la plus célèbre, du monde, à Rio. Ce que vous ignorez sans doute, c’est qu’elle doit son nom à un petit village de Bolivie, sur les berges du lac Titicaca. Si la plage carioca porte le même blase, c’est à la suite d’une promesse faite à la Vierge locale par un moine en perdition en mer, au large des côtes du Brésil. Car la Vierge de Copacabana, la Virgen de la Candelaria, exposée dans la cathédrale locale, est célèbre dans toute l’Amérique latine.

Et c’est d’ailleurs sa présence ici qui explique les étranges cérémonies qui se tiennent quotidiennement – et qui se multiplient le week-end – devant le parvis de la gigantesque et blanche cathédrale :  les baptêmes de voitures. Des véhicules de toutes sortes (de la moto au bus), pour la plupart venus du Pérou, décorés comme des sapins de Noël, se pressent devant le parvis pour se faire copieusement arroser d’eau bénite. À voir, assurément.

À faire aussi à Copacabana : grimper au sommet du Calvario, le mont qui surplombe le village et offre un beau panorama sur le lac (faîtes quelques emplettes au marché local avant, pour un pique-nique là-haut). Bof, ça paraît pas si haut, on en a vu d’autres, se disait-on… Gare : l’endroit porte bien son nom. Avec nos jambes encore raides du trek vers le Machu Picchu, cette montée difficile et les presque 4000 m d’altitude nous assassine et nous oblige à des pauses régulières.
On a le temps de regarder chacune des stations du chemin de croix, jusqu’à la chapelle sommitale… Plus d’une demi-heure d’efforts pour goûter au bonheur d’embrasser une nouvelle fois du regard le Titicaca. On y a croisé que quelques personnes mais il semblerait que le week-end, l’endroit est lui-aussi un lieu de pèlerinage fréquenté. Ce qui offre un spectacle étonnant et typique.
OÙ DORMIR À COPACABANA ? On a trouvé une chambre correcte loin de la principale rue touristique qui mène au port : Hostal Sonia, 60 bolivianos (8 euros) après une solide négociation.
OÙ MANGER ? En haut de la petite place où se gare tous les minibus, deux petits restaurants de poissons aux tarifs défiant toute concurrence. Une assiette d’ispis (petits poissons frits) et une truite frite, 32 bolivianos au total (4,25 euros). Pas vraiment fin, mais à tester. 

Categories: Bolivie, Randonnée

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