Nouvelle-Zélande

Voyager en campervan en Nouvelle-Zélande

NOUVELLE-ZÉLANDE – Comment organiser son road trip pour découvrir les merveilles des deux îles ? Bons plans, itinéraire, récit : on vous dit tout.

Nouvelle-Zélande, Akaroa, avec Ritchie

« Tout est devant nous. Le chemin ne finit pas ;
plus on avance, plus la route s’ouvre à nos yeux »
Henri Miller 

« Je n’ai pas peur de la route, faudra voir, faut qu’on y goûte. »
Noir Désir

Nouvelle-Zélande, en route vers le Mount Cook avec RitchieIl n’est plus tout jeune. Cabossé, capricieux, usé, il n’en reste pas moins le partenaire de route idéal. Lui, c’est notre Ritchie. Vert et mauve (couleur reconnaissable entre mille), il nous a accompagné pendant plus de 20 jours sur les routes de Nouvelle-Zélande. Et pour rien au monde, on aurait changé de compagnon. C’est qu’on s’y attache à ces choses-là !

Voyager en Nouvelle-Zélande en campervan, ça se passe comment ? Assez simplement finalement : tout est prévu pour. On n’a rien inventé, c’est le principal moyen de transport des voyageurs en vadrouille au Pays du long nuage blanc. Il faut dire que tout incite le voyageur à circuler ainsi : les campings de toutes gammes quadrillent le pays, les points d’eau, de vidange et autres lieux de stationnements sont innombrables et c’est ÉCONOMIQUEMENT une belle affaire. Sans parler de la liberté d’avoir un véhicule à disposition.

On a donc cherché une location de campervan (d’autres préfèreront investir ; on n’a pas voulu « tenter le coup » d’acheter puis revendre pour moins d’un mois sur place. Mais si vous rester plusieurs mois en NZ, envisagez-le sérieusement). Par ou commencer ? Quel modèle ? Quelle agence ? Quel prix ?

                                        

1 – Notre véhicule

La première chose à faire c’est de comparer les prix proposés sur votre période de voyage sur les deux sites francophones qui regroupent les grands « loueurs » du pays : Frogs-in-NZ and DetourNZ. Chaque concurrent (Escape, Jucy, Spaceships, Happy camper…) présente des avantages et des inconvénients. Le choix appartient à chacun.

NOTRE CHOIX : Jucy Condo. Attention ça veut pas dire que c’est la meilleure solution pour tous, loin de là !

Pourquoi ce campervan-là ?

      • D’abord parce qu’on est trois à voyager (notre pote Luc nous a rejoint tout spécialement). Un break aménagé n’est pas donc envisageable ; quant à un camping-car, un vrai, c’est un véhicule trop encombrant et trop couteux pour nous. Capacité du Jucy condo : 4 personnes de nuit, 5 de jour.
      • Ensuite parce qu’on est hors saison et que Jucy affiche des prix compétitifs en période creuse (les tarifs doublent facilement en été et là, ça ne vaut plus vraiment le coût).
      • Dernière raison : son équipement. Il est self contained et permet de stationner – en toute légalité – pour la nuit dans toutes les aires répertoriées, notamment celles qui ne sont pas équipées de toilettes. Notamment sa cuisine « intérieure ». Si tous les campervans sont équipés pour cuisiner, beaucoup imposent de le faire hors du véhicule. Et nous sommes à la fin de l’hiver. Il ne fait pas chaud. Et surtout : il pleut. Alors les séquences barbecue (il y en a eu) sont sympas, mais pas toujours possibles. C’est quand même agréable d’avoir un endroit abrité pour cuisiner manger et finir sa soirée. Dans le Jucy Condo : cuisine équipée (vaiselle ; éponge ; produit vaisselle ; deux gaz ; un frigo ; un robinet) ; couettes et oreillers ; balayette ; petit chauffage ; rideau opaque sur toutes les fenêtres… 

                                        

Combien ça coûte ? Pour une location de 23 jours, au mois de septembre-octobre : on a payé 1867,63 NZD, l’équivalent de 1138,72 euros pour trois personnes.

2 – Nos bons plans

On vous conseille deux cartes de fidélité indispensables pour faire des économies. On ne parle pas ici de centaines de dollars (hélas) mais toute économie est bonne à prendre quand on voyage, non ?

          • LA CARTE AA. Elle offre des réductions dans les stations-services Caltex et BP à chaque fois que vous vous arrêtez mettre de l’essence. La carte est gratuite, vous la trouverez dans les I-sites d’Auckland, à l’aéroport ou dans la navette Airbus qui va de l’aéroport au centre-ville. Il vous suffit ensuite de préciser, lors du paiement à la station service, si vous conservez les économies réalisées pour plus tard ou si vous les utilisez sur ce plein.
          • LA CARTE COUNTDOWN. Celle-là permet d’avoir des discounts (petits, mais c’est toujours ça) dans les supermarchés du même nom. Elle est aussi gratuite et vous pouvez la trouver aux mêmes endroits que la carte précédente. À présenter à chaque passage en caisse.

Deux applications smartphones pour faciliter le voyage. Parce qu’on n’a pas toujours internet sous la main,  que les offices de tourisme ne sont pas toujours ouverts et qu’un bon guide de voyage ne suffit pas. 

            • Application CampermateCAMPERMATE. IN-DIS-PEN-SABLE. Elle rassemble toutes les adresses utiles aux utilisateurs de campervan ou de camping-car. Elle liste tous les sites, gratuits ou payants, où vous pouvez garer votre véhicule pour la nuit mais aussi tous les endroits où vous pouvez trouver des douches, des toilettes, des points de vidanges ainsi que tous les sites d’intérêts du pays.
              Pour vous faire une idée sur ce que vous cherchez ne manquez pas de lire les commentaires des utilisateurs précédents. Le gros plus : elle fonctionne hors connexion, d’où son intéret. Et elle est gratuite. Application Maps.me
            • MAPS.ME. Celle-là on ne l’a pas découvert en Nouvelle-Zélande, ça fait un petit moment qu’on l’utilise pour calculer des itinéraires ou simplement comme plan. Elle fonctionne comme Google maps, mais elle est plus précise à notre avis. Si vous n’avez pas de GPS dans le véhicule, autant dire qu’elle est juste incontournable. Elle fonctionne elle-aussi hors connexion, elle est gratuite, il faut simplement penser à télécharger, en amont, lorsque vous avez du wifi, la carte du pays.

Une dernière petite chose : si vous cherchez à vous connecter sur internet. Et que vous n’avez pas envie de payer une boisson ou un encas dans un bar qui possède le wifi pour pouvoir le faire !

          • Cherchez une bibliothèque municipale. Elles ont dans 90 % des cas un wifi gratuit (que l’on peut capter à l’intérieur ou à proximité à l’extérieur), pas besoin de mot de passe et aucune limite de temps si ce n’est les horaires d’ouverture du bâtiment. Petite exception relevée : Queenstown (limité en temps).
          • Dans la rue, captez Spark wifi. Vous ne pourrez plus faire sans ces zones de free wifi. Il en existe un millier dans toute la Nouvelle-Zélande. La connexion est on ne peut plus simple. Une fois le réseau mémorisé, il se re-connecte automatiquement lorsqu’il en trouve un nouveau. Et vous avez droit de consommer 1 GB par jour. Si ça, ce n’est pas le bonheur…

Au fait, puisqu’on parle de web, il existe un site en français qui est une vraie mine d’informations pour voyager en Nouvelle-Zélande : ça s’appelle Kiwipal et c’est super bien fait. Vous ne regretterez pas la visite.

3 – Notre itinéraire

On aurait aimé aller… à peu près partout. Mais il faut faire des choix. Tracer un semblant d’itinéraire. Parce que les distances sont importantes (et les routes pas forcément géniales, surtout dans le sud), les temps de conduite parfois longs et qu’on se sépare de Ritchie au bout de seulement 23 jours… 

Nouvelle-Zélande, île du sud

On était prévenu par voyageurs et locaux : « Gardez plus de temps pour l’ile du sud, plus belle et plus sauvage ». Un conseil qu’on a sagement écouté. Résultat : une semaine sur l’île du nord, deux sur l’île du sud. On ne le regrette pas.

          • Nouvelle-Zélande, île du Nord, Taupo lakeDu coup, en limitant le temps sur l’île du nord, il a fallu allez à « l’essentiel ». Et se rendre à l’évidence : certaines zones nécessitant un détour doivent être abandonnées. C’est notamment le cas de la région du Coromandel, qui pourtant doit mériter sa réputation. Allez, on reviendra. 
            Nos immanquables du nord : Auckland ; Hobbiton ; Rotorua ; Taupo ; Togarino alpine crossing (inaccessible pour cause de mauvaise météo); Pamerston North ; Wellington.

          • Nouvelle-Zélande, en route vers le Mount Cook avec RitchieSur l’île du sud, là aussi, des choix s’imposent à nous. Deux grands classiques absents de notre circuit : le parc Abel Tasman (la pluie qui ne nous lâche pas depuis le début du séjour nous a conforté dans ce choix) et le sud-ouest (les routes sont longues et on manquait tout simplement de temps). 
            Nos immanquables du sud : Picton ; Kaikoura ; Pancakes rocks ; Franz Joseph Glacier ; Fox Glacier ; Wanaka ; Queenstown ; Milford Sound ; Mount Cook ; Christchurch ; Akaroa.

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En 23 jours, nous avons roulé 3000 kilomètres. L’essence a été l’un des principaux postes de dépenses. Au total nous avons dépensé pour alimenter le moteur de notre campervan : 906 NZD, soit  552,20 euros. Un budget, à prendre en compte.

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EN DÉTAILS :

Tous les stationnements de nuit cités ci-dessous sont détaillés sur l’application Campermate. Le tarif précisé correspond à trois personnes et un campervan. 

          • JOUR 1. départ en soirée. AUCKLAND – NGATEA (99 km). Nuit à Ngatea au Hauraki district council office carpark (gratuit).
          • JOUR 2NGATEA – HOBBITON (95 km) – ROTORUA (75 km). Nuit à Rotorua au camping Cosy cottage thermal kiwi holiday park (50 NZD, soit 30,50 euros)
          • JOUR 3. ROTORUA. Nuit dans une taverne à 26 km au sud de Rotorua, à deux pas du Parc Wai-o-tapu (20 NZD soit 12,20 euros)
          • JOUR 4. WAI-O-TAPU – TAUPO (52 km). Nuit à Taupo sur le parking Yatch club car park (gratuit).
          • JOUR 5. Tongarino Alpine Crossing. Les mauvaises conditions météorologiques pour les quatre prochains jours nous oblige a abandonnée l’idée de faire cette célèbre rando. TAUPO – PALMERSTON NORTH  (242 km) – WELLINGTON (141 km). Nuit dans un parking payant près de Cuba street à Wellington (détails ici)
          • JOUR 6. WELLINGTON.
          • JOUR 7. WELLINGTON.
          • JOUR 8. WELLINGTONPICTON (en ferry, lire encadré ci-dessous)BLENHEIM (30 km). Nuit sur la route à la sortie de Blenheim au Riversland Road house (20 NZD, 12,20 euros).
          • JOUR 9. BLENHEIM – KAIKOURA (128 km). Nuit à Kaikoura dans le camping Alpine-Pacific holiday park (63 NZD, 38,40 euros)
          • JOUR 10. KAIKOURA. Nuit à Dunegals Irish Tavern (gratuit).
          • JOUR 11. KAIKOURAPUNAKAIKI PANCAKES ROCK (364 km). Nuit à Fox River (gratuit).
          • JOUR 12. PUNAKAIKI PANCAKES ROCKFRANZ JOSEPH GLACIER (217 km ) Nuit au camping Rainforest Retreat holiday park (55 NZD, 33,60 euros)
          • JOUR 13. FRANZ JOSEPH GLACIER – FOX GLACIER (24 km) Nuit au Gillespies Beach campsite (gratuit). 
          • JOUR 14. FOX GLACIER – WANAKA (262 km). Nuit à Luggate, à 30 km de Wanaka, au Cricket club campground (15 NZD, 9,20 euros)
          • JOUR 15. WANAKAQUEENSTOWN (90 km). Nuit sur la route, aire de pique nique de Riverside (gratuit).
          • JOUR 16. QUEENSTOWN – MILFORD SOUND (287 km) – TE ANAU (118 km). Nuit sur la route de Milford Sound dans un camping du Doc : Henry Creek campsite (18 NZD, 11 euros). 
          • JOUR 17. TE ANAU – MOUNT COOK (414 km). Nuit au camping de Glentaner, Pukaiki lake (60 NZD, 36,60 euros).
          • JOUR 18. MOUNT COOK. Nuit au camping du Doc : White horse hill campground (10 NZD par personne, soit 6,10 euros).
          • JOUR 19. MOUNT COOK – GERALDINE (185 km). Nuit à Arundel Bridge camp (gratuit). 
          • JOUR 20. GERALDINECHRISTCHURCH (139 km). Nuit au camping South Brighton holiday park (36 NZD, soit 22 euros).
          • JOUR 21. CHRISTCHURCH – AKAROA (82 km). Nuit au parking Akaroa boat ramp (gratuit).
          • JOUR 22. AKAROA – CHRISTCHURCH (82 km). Nuit à Coes Ford, site de camping (gratuit).
          • JOUR 23. : CHRISTCHURCH, aéroport.
DU NORD AU SUD, LA TRAVERSÉE EN FERRY
Nouvelle-Zélande, en ferryDépart de Wellington. Le mauvais temps et les bourrasques ne nous quittent plus. On a rendez-vous sur le quai d’embarquement une grosse heure avant le départ du ferry, fixé à 9h30. La traversée de 3 h 30 avec Interislander se chiffre à 320 dollars NZ (soit 200 euros) pour notre campervan et trois personnes à bord. Pas donnée.
Le bateau est immense. En bas, deux salles de ciné. Ne vous emballez pas, les séances sont payantes.En haut, niveau 7 et 8, des petits salons. On prend place. Assez vite, ça se met à tanguer. À tanguer pas mal, d’ailleurs. Le personnel de bord vient prendre des nouvelles des passagers et distribuer les sacs à vomi. Elodie n’est pas au mieux. Mathieu roupille. Luc est stable.
Ouf ! Plus qu’une heure de navigation. Les vagues se font moins violentes, le ferry pénètre entre les fjords, au nord-est de l’île du sud. Et ça devient beaucoup plus joli, même si le ciel est loin d’être dégagé. Il ne pleut plus. Picton est en vue. On débarque (enfin). Il est temps d’avaler quelques chose. Et si on goûtait les grosses moules vertes, spécialité locale ?