Nouvelle-Zélande

Le Top 10 de l’île du sud (1/2)

NOUVELLE-ZÉLANDE – La moitié australe du pays est la plus sauvage. La plus belle. Les paysages y sont d’une esthétique quasi surnaturelle. On vous emmène dans notre van à la découverte de la partie nord de l’île.

Carte Nouvelle-Zélande, île du Sud

1 Picton et la région du Marlborough

Nouvelle-Zélande, Blenheim, Bancott Estate

Vous ne choisissez pas, c’est ici que vous dépose le ferry en provenance de Wellington. Mais Picton n’est pas désagréable, loin de là. Elle mérite une pause. Alors d’accord, à l’inverse de sa voisine Havelock, la petite ville ne peut pas s’enorgueillir du très convoité titre de “capitale mondiale de la moule verte. Mais pas de souci, vous trouverez tout de même ces mollusques maousses, typiques de NZ, à la carte de la plupart des restos. On a testé ça Chez Gusto, dans la rue principale, en version sauce tomate (33 High street, 17 dollars le plat, 10,40 euros). Alors ? Ben, on a adoré.

Nouvelle-Zélande, point de vue depuis Picton

Ce qui est génial lorsqu’on voyage en campervan, c’est la liberté de pouvoir aller où on veut. Tiens, notre guide de voyage nous promet de jolis points de vue sur quelques kilomètres à la sortie de la ville (sur la route d’Havelock, justement) : pas de souci, à bord de Ritchie, on y est en quelques minutes.

Le panorama sur la sortie du fjord (photo ci-contre), là où apparaissent et disparaissent les ferries, mérite le coup d’oeil.  Avant de reprendre la route.

Un verre de vin ?

Quelques kilomètres plus loin, toujours vers le sud. Ça y est, on est vraiment dans le Marlborough. La région est réputée mondialement – non pas pour ses clopes, petits rigolos – mais pour son pinard. Son sauvignon blanc, en particulier. D’ailleurs, le coin produit les trois-quarts des vins kiwis ; autant dire que les rangs de vignes ne manquent pas. De quoi créer, avec les montagnes en fond (il y a toujours des montagnes en fond, en Nouvelle-Zélande), des paysages bien photogéniques, même si l’hiver austral a fait disparaître toutes les feuilles.

À l’I-Site (point d’accueil touristique) de Picton, on s’est procuré un exemplaire de la carte The Marlborough wine trail (gratos), sur laquelle tous les domaines viticoles sont représentés. La plupart d’entre eux accueillent des visiteurs. Après une vingtaine de kilomètres dans les vignobles, on s’arrête pour s’offrir une dégustation de quatre vins chez Brancott Estate (12 dollars par personne, 7,30 euros, parce qu’on a choisi les meilleurs vins de la propriété ; sinon il y a des dégustations à 6, 8 ou 10 dollars selon les flacons). Pourquoi ce domaine ? Les hôtesses du I-Site nous l’avaient recommandé pour son caractère paysager. C’est vrai que l’endroit est beau. Et l’accueil sympa : en vous voyant arriver au loin, on vient vous chercher en minibus pour vous monter jusqu’au sommet de la colline, dans le bâtiment où se déroulent les dégustations. 

2 Kaikoura

Nouvelle-Zélande, Kaikoura

Cette fois, ça y est, on en prend vraiment plein les yeux. On ne le sait pas encore, mais ça va durer pendant des jours et des jours. La route depuis Blenheim, où on a passé la nuit (pour tous nos lieux de campement, lire l’article Voyager en campervan en Nouvelle-Zélande), devient somptueuse quand elle se met à longer l’océan Pacifique (même s’il pleut). C’est ici que l’on aperçoit nos premiers phoques. Là, sur les rochers, juste au bord de la route. Peinards. Font la sieste. Ne les approchez pas trop, vous les dérangeriez et les forceriez à se traîner sur les rochers (ce n’est pas là qu’ils sont les plus à l’aise avec leurs nageoires, les pauvres bêtes) pour se glisser dans l’eau.

Wait and sea…

Kaikoura. Ce petit village de 2000 habitants, à moins de 200 kilomètres au nord de Christchurch, on l’avait coché tout particulièrement sur notre itinéraire. Parce que depuis que nos potes Aude et Pablo, rencontrés il y a des mois sur la baie d’Halong, nous ont raconté leur expérience, on ne pense plus qu’à ça : nager en pleine mer, avec des dizaines de dauphins sauvages. “Un moment inoubliable”. Et c’est ici que ça se passe, avec la réputée compagnie Dolphin encounter. Dès notre arrivée, donc, on se précipite afin de réserver pour le lendemain. Enfin, on essaie de réserver. Parce que pour l’instant, la mer est mauvaise, impossible de sortir…

Bon, on va patienter, alors. Après une nuit dans un vrai camping, payant et tout (Alpine pacific holyday park, 63 dollars pour un van et trois personnes, 38 euros, mais on avait envie d’une douche chaude et d’une télé câblée, pour le match des Bleus au petit matin), on part en balade. Une randonnée de plus de trois heures tout autour de la péninsule, via Point Kean. Le sentier est facile à trouver. Ici vit une importante colonie de phoques. Par centaines. Certains dorment sur le chemin, d’autre carrément sur les bancs. Ceux-là sont plus habitués aux humains, il continuent de roupiller sous le feu des objectifs.

Nouvelle-Zélande, KaikouraAprès l’effort, le réconfort. La récompense : poissons et fruits de mer frais près d’une roulotte en bordure de la route qui mène à Point Kean, derrière la plage. Arrosés d’un petit blanc frais acheté précédemment dans les vignobles du Marlborough (vous pensiez qu’on était partis les mains vides ?). Un vrai moment de bonheur. Le Kaikoura seafood BBQ est une TRÈS bonne adresse. Pour trois belles assiettes de poissons différents, des moules vertes, des noix de Saint-Jacques, des beignets, accompagnés de riz et de crudités, on en a eu pour 63 dollars à trois (38 euros). Ici, la langouste entière est à 45 dollars seulement (27 euros), avis aux amateurs.

Le jour d’après ? Et le suivant ? Toujours pas de dauphins. La météo s’arrange un peu, mais les repérages en avion par la compagnie ne permettent pas de localiser les mammifères : ils sont partis vers des eaux moins troubles. On ne peut plus attendre. Nous aussi, on s’en va, avec des regrets. Beaucoup de regrets, à cause de ce rendez-vous manqué. Une confidence : il est, en quelque sorte, remis à plus tard…

3 Pancake Rocks

Nouvelle-Zélande, Pancake rocks

On traverse l’île d’est en ouest, sur la jolie route latérale qui mène à Greymouth. Une pause pique-nique et douche (parce que Luc a apporté une douche solaire, bien pratique) sur une charmante petite aire en bordure de rivière sert de cadre à notre toute première rencontre avec les sandflies, les fameuses mouches des sables. Vous trouvez les moustiques pénibles ? Imaginez-les en hordes et en version dix fois plus agressifs : voilà, vous avez les sandflies. Pas franchement sympas comme bébêtes.

Quelques instants avant le coucher de soleil, on arrive à destination, à quelques kilomètres du village de Punakaiki : Dolomite point, et ses fameux Pancakes rocks, à moins de dix minutes de marche du bord de la route (à 45 bornes au nord de Greymouth). Ici, l’érosion a donné à la pierre – du calcaire, pour être précis – des formes de piles de dizaines de crêpes. Pas commun, ça. La mer s’engouffre aussi dans des grottes sous-marines, jusqu’à provoquer des jaillissements d’eau de cavités qui remontent jusqu’à la surface. Un phénomène de “trous qui soufflent” (blowholes, en angliche dans le texte) qui permet de mesurer la puissance folle des éléments. Espérance de vie en cas de baignade dans une de ces cavernes ? Deux vagues, si vous êtes bon nageur.

On passe la nuit à quelques kilomètres de là, à l’orée d’un bois. Feu de camp. Patates à la braise et chapatis maison (une recette apprise lors de notre stage de survie). Bonne petite soirée.

Le lendemain, avant de grimper à bord de Ritchie, on fait la petite randonnée de deux heures et demi mise en avant par le I-site local, la Panakaiki-Pororari loop . Honnêtement, elle n’a pas un grand intérêt. Allez, on file.

4 Les Glaciers Franz Joseph et Fox

Nouvelle-Zélande, Fox Glacier

Cap sur le sud, encore et encore. Direction les fameux glaciers de Nouvelle-Zélande, le Franz Joseph et le Fox. Notre idée : crapahuter sur l’un des deux. Sauf que voilà, depuis quelques temps, lesdits glaciers ne sont plus accessibles que par hélicoptère. Ils se sont rétractés, sous l’effet de ce foutu réchauffement climatique, l’accès piéton est devenu trop dangereux. Prix de la dépose : 399 dollars pour le Fox (245 euros), 325 dollars (200 euros) pour le Franz Joseph. OK, on oublie.

À Franz Joseph Glacier (oui, c’est le nom de la ville), on s’offre cette fois-ci une nuit dans un camping payant (51 dollars, 31 euros ; plus 4 dollars de wifi, on ne recule devant rien pour vous raconter un peu). Se détendre dans la piscine d’eaux thermales ? Pas simple : au-dessus de nos  têtes, le ballet des hélicos est incessant. Voilà qui ne va pas dans le sens du ralentissement de leur fonte.

Nous, donc, on va les voir à pattes, même si pour l’un comme pour l’autre, il est impossible d’approcher vraiment de la glace. C’est trop dangereux. Pour le Franz Joseph, la balade, sans aucune difficulté, fait 1h30 aller-retour. Pour le Fox, elle ne dure qu’une heure aller-retour, mais attention, il y a une belle bosse à gravir.

Le soir, après une douzaine de kilomètres d’une piste qui fait trembler Ritchie jusqu’au dernier boulon, on s’installe au Gillespies Beach campsite, une aire gratuite en bordure de la plage, agréable et loin de tout. Agréable parce que loin de tout. Avant de repartir on ze road again, le lendemain, nouvelle rando : cette fois-ci, autour du lac Matheson (la boucle se boucle en seulement 1h30 en fait), connue pour offrir un parfait reflet du Mont Cook. 

5 Le Mont Cook

Nouvelle-Zélande, Mont Cook

Le Mont Cook, justement. On arrive en approche du plus haut sommet de Nouvelle-Zélande (3 724 mètres d’altitude) après l’une de nos plus grosses journées de route, lors de laquelle on se relaie au volant ; plus de 400 kilomètres depuis Te Anau sous les averses et dans le vent. Éprouvant. On se pose au camping de Glentanner, au nord du turquoise lac Pukaki. Pas le moindre pic enneigé à l’horizon, le ciel est trop couvert. Après des burgers maison à la plancha en soirée et un petit match des Bleus très tôt le matin, le soleil se lève sur une journée qui s’annonce magnifique, même si le vent n’a pas faibli. Le temps de parcourir les derniers kilomètres jusqu’au village du Mont Cook, la pluie est déjà de retour. Grrrr. Allez, on repousse la rando au lendemain matin et on passe l’après-midi à l’abri, au musée Sir Edmund Hillary (lire l’encadré ci-dessous), notamment dans sa salle de cinéma.

EDMUND HILLARY, LE PLUS CÉLÈBRE DES KIWIS 
Sa mèche folle est entrée dans l’Histoire. Le 29 mai 1953, avec le sherpa Tensing Norgay, Edmund Hillary est le premier homme à atteindre le sommet de l’Everest, 8850 mètres. C’est sur les pentes du Mont Cook que le plus célèbres des Néo-Zélandais, s’est aguerri et entraîné.
Infatigable explorateur (il guida aussi la premier expédition qui traversa l’Antarctique via le pôle sud), il a consacré sa notoriété et une partie de sa vie à la construction d’école et d’hôpitaux dans l’Himalaya, où sa femme et sa fille ont trouvé la mort dans un accident d’avion en venant le rejoindre. Au Mont Cook village, le Sir Edmund Hillary Alpine Centrer, musée ouvert en 2008 (trois semaines avant son décès, à l’âge de 89 ans), est consacré au seul Kiwi à avoir pu payer avec des billets de banque à son effigie. Ne ratez pas le passionnant documentaire Hillary et l’Everest (75 minutes) qui y est diffusé plusieurs fois par jour. L’occasion d’apprendre que, comme Neil Armonstrong, Sir Hillary avait le sens de la formule historique. Ce qu’il a dit en arrivant sur le toit du monde ? “On l’a eu, cet enfoiré !” (“We knocked the bastard off !”).

On va se garer dans le camping du Department of conversation (Doc) juste à l’entrée de la Hooker valley, la vallée que l’on veut parcourir à pied. Un coup d’œil au ciel, avant d’aller au dodo : au-dessus des sommets, des étoiles par milliers, c’est magnifique. Et c’est bon signe, pour le lendemain. La randonnée depuis le campsite, trois heures aller-retour, est sublime. Après la traversée de plusieurs passerelles suspendues, on arrive au lac Hooker, niché juste au pied du majestueux Mont Cook. Des blocs de glace y dérivent gentiment, façon icebergs. La montagne se reflète merveilleusement dans l’eau. Indescriptible de beauté.

Avant de ravaler les kilomètres, en direction de Christchurch, on crapahute encore une quarantaine de minutes (A/R) pour s’offrir un point de vue sur un nouveau glacier, celui de Tasman. En chemin, on fera des pauses et encore des pauses, notamment devant les lac Pukaki et Tekapo, en multipliant les photos. L’île du sud, c’est une merveille à chaque sortie de virage. Et encore, on n’a pas tout vu.

 

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